Nous sortons de trois jours éblouissants dans le parc du Yellowstone, malgré la foule déjà dense en ce tout début d'été alors que certains cols sont encore enneigés. Le Yellowstone, premier parc national américain (fondé il y a 140 ans tout juste), c'est une géothermie débridée, des jaillissements impromptus, des chaudrons dégageant des vapeurs méphitiques à chaque détour, et une odeur de soufre pénétrante. Ca bouillonne, ça frit, ça glougloute sous les pieds, en un mot, ça vit. Car le parc est situé sur les lieux d'un ancien volcan qui a du mal à trouver le repos. L'eau au contact du magma sort à près de 100°C des entrailles de la terre, chargée en acides divers qui font la joie des bactéries. Bref, un endroit qui a dû faire peur aux premiers hommes qui s'y sont aventurés, même si certains endroits arborent des couleurs de lagon paradisiaque.
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21 juin 2012
14 juin 2012
La beauté du Diable
"Rencontres du 3e type", de Spielberg avec Truffaut, ça vous dit quelque chose? Voici le décor: la colonne de porphyre de Devil's Tower, dans l'est du Wyoming. Protégé par le service des parcs nationaux, cet endroit est très fréquenté mais sa majesté abasourdit à des kilomètres à la ronde. A 264 mètres de haut, la "Tour du diable" est en effet visible de loin. Il s'agit en fait d'une poussée de magma qui a cristallisé en se refroidissant, formant des colonnes identiques à celles du Devil's Postpile de la Sierra Nevada en Californie que nous avions vu en 2006 (voir ici).
Une légende indienne offre une autre explication. Sept fillettes jouaient à l'extérieur de leur village, quand un ours les attaqua. Les petites s'enfuirent et se réfugièrent sur un rocher d'un mètre de haut. Alors que la bête allait les atteindre, elles implorèrent la roche. Celle-ci se mit alors à grandir, à grandir, à grandir encore, mettant les enfants hors de portée du monstre. Dont la fureur redoubla. Il se jeta sur la roche devenue cône monumental et dérapa, laissant de profondes entailles sur les flancs de pierre, que l'on peut toujours voir aujourd'hui. Quant aux jeunes filles, elles furent poussées si près du ciel qu'elles se transformèrent en étoiles, les sept de la constellation des Pléiades...
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25 mai 2009
Sortie de Lassen
Le parc national du Mont Lassen constitue un autre joyau de la chaîne des Cascades (dont font aussi partie les monts Rainier, Saint Helens, Shasta, Hood et le Crater Lake). Et vous l'aurez deviné, le Lassen est lui aussi un volcan. Malgré la canicule qui continue à régner (21°C à 2 000 mètres d'altitude, on en redemande!), une grande partie du parc reste ensevelie sous plusieurs mètres de neige et il est impossible d'emprunter la route qui le traverse avant au mieux la mi-juin. Heureusement, certaines balades sont parfaitement praticables au pied de ce géant de 3 200 mètres, comme le tour d'un petit lac sur lequel évoluent des oies et leurs petits, mais aussi des pêcheurs du week-end. La réglementation des parcs nationaux américains interdisant tout prélèvement, ne serait-ce que d'une pomme de pin, seuls "catch and release" (pêcher et relâcher) sont autorisés.
Fleuves de lave dans tunnels
Etonnante découverte jeudi dans le "Lava Beds National Monument". Dans l'extrême nord de la Californie, un volcan a connu des éruptions intermittentes depuis au moins un demi-million d'années. Mais contrairement à ses cousins Saint Helens et Rainier dans l'Etat de Washington, ce volcan n'explose pas. Il libère des fleuves de lave à écoulement très lent, laissant le temps à la couche supérieure de se solidifier tandis que la lave continue à s'écouler en sous-sol. Le résultat? Ces singuliers tunnels dans lesquels les visiteurs peuvent marcher, en faisant attention aux traîtres rochers (ouille!) et aux plafonds parfois bas (aïeu!) Les rangers fournissent les torches électriques mais pas les casques.
Bosselés mais heureux d'avoir parcouru ces boyaux, nous avons aussi appris que la région avait été le théâtre de deux faits assez peu glorieux de l'histoire récente des Etats-Unis.
D'abord, la guerre menée au début des années 1870 par les armées du président Grant contre les guerriers Modoc, tribu indienne locale qui résista à un contre dix pendant des mois grâce à sa connaissance du terrain et aux fameux tunnels, propices à la guérilla. Finalement vaincus, non sans avoir tué un général américain, les Modocs furent déportés dans des réserves de l'Oregon voisin, mais aussi de l'Oklahoma, à plus de 2 000 km de leurs terres ancestrales.
Ensuite, lors de la Seconde Guerre mondiale, la zone de Tulelake, ville voisine du parc, fut dévolue à un camp d'internement géant destiné à abriter les dizaines de milliers d'Américains d'origine japonaise, déclarés "ennemis intérieurs" par Franklin Roosevelt un mois après Pearl Harbor.
21 mai 2009
Et après, il reste des cratères
TULELAKE, Californie.
Grand détour qui le valait mercredi: le Crater Lake, unique parc national de l'Oregon, mais quel parc! Il était une fois le mont Mazama, un volcan culminant à 3 600 mètres d'altitude, qui dans un déchaînement cataclysmique, s'effondra sur lui-même il y a environ 7 700 ans. Lorsque les colons arrivèrent dans la région au milieu du XIXe siècle, la tradition orale des indiens (présents dans l'Oregon depuis plus de cent siècles) avait gardé trace de la catastrophe qui, non seulement décapita la montagne mais creusa un cratère de près de 600 mètres de profondeur. Les chutes de neige et l'évaporation ont fait leur office, et le lac, qui n'est alimenté par aucune rivière, est aujourd'hui le plus profond des Etats-Unis. Dans ses eaux sans rides se reflètent les berges abruptes de ce qui reste du Mazama, pour l'émerveillement des touristes. En cette fin de printemps, ces derniers sont encore rares, et pour cause; il tombe à Crater Lake quelque 15 mètres de neige par an et lorsque nous y sommes passés, seuls quelques tronçons de route avaient été déblayés par les rangers.
19 mai 2009
Boum!
A une vingtaine de kilomètres du "visitors center" du Mont Saint Helens, un panneau prévient que nous entrons dans la "zone du souffle". Vingt-neuf ans, jour pour jour, après l'explosion dévastatrice et meurtrière de ce volcan de la chaîne des Cascades dans le sud de l'Etat de Washington, notre petite expédition est allée à la rencontre de ce géant désormais endormi. D'un sommeil certes léger; après l'événement de 1980 qui a spectaculairement changé le paysage de ce coin d'Amérique par ailleurs superbe, le Saint Helens a recommencé à bouillir comme la cocotte-minute colossale qu'il est, et sa prochaine explosion n'est peut-être qu'une question d'années, à coup sûr de siècles. En attendant, quel spectacle. Près de trois décennies plus tard, la coulée de boue et de roches ayant dévalé les pentes du volcan, qui a perdu 400 mètres de hauteur dans la bataille, est toujours bien visible, et certaines montagnes alentour, scalpées, n'ont pas encore retrouvé leur végétation normale, dont on fait les arbres de Noël.
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18 mai 2009
En majesté
Visble par beau temps de Seattle à plus de 100 km de là, le Mont Rainier a constitué l'un des temps forts de notre voyage. Chance extraordinaire en cette saison aux dires des locaux, nous l'avons abordé par des températures presques caniculaires: 27°C en plaine et encore 16°C à 1 500 m d'altitude, au pied du "visitors center". Mais cet endroit du volcan de 4 300 mètres a reçu cet hiver un peu plus que sa ration moyenne de précipitations, déjà colossale: 17 mètres de neige! Autant dire qu'il y avait de l'activité dans les lits des torrents et les trajectoires des cascades. Etant donné l'enneigement massif, certains endroits du parc n'ouvrent au public que fin juin. Mais ce qui est déjà visible vaut largement le détour. Et les environs, la chaîne des Cascades, n'est pas mal non plus.
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