31 mars 2008

On prend presque les mêmes, mais on recommence, en plus court

Après de multiples rebondissements et un an et demi depuis notre retour au bercail, nous voici prêts à reprendre la route. Nous ne sommes plus trois mais six, Robert a subi une cure d'amaigrissement au niveau de l'équipement et un dopage pour augmenter son nombre de sièges. Nous ne partons que dix jours, pour un tour de l'ouest un peu plus court que la dernière fois. Ce sera donc Los Angeles - Las Vegas (Nevada) - Zion National Park (Utah) - Bryce Canyon National Park (Utah) - Page (Arizona) - Grand Canyon (Arizona) - Los Angeles.



Plus question d'essayer de dormir dans notre gros catcat (remis à neuf par une cohorte de garagistes grassement payés), nous sommes sur la voie de l'embourgeoisement et allons contribuer à la prospérité de l'industrie hôtelière du far-west. Il faut dire aussi que nous sommes tôt dans la saison et que la température nocturne risque d'être un peu frisquette à 2 000 mètres d'altitude. Bref, nous avons prévu environ 2 500 km en une dizaine de jours.
Pour rattraper notre inactivité depuis l'automne 2006, nous avons aussi dans les cartons l'idée de partir en mai au Yellowstone National Park, un gros voyage vers le nord. Mais chaque chose en son temps... Suivez nos aventures ici à partir du vendredi 4 avril!

20 oct. 2006

Retour

Bien rentrés à Los Angeles (28°C et grand soleil, pourquoi donc sommes-nous partis?)

Alors, c'est la fin du voyage

Retour sans histoire à Los Angeles depuis Flagstaff. Huit cents kilomètres d'une traite, mais l'Arizona devenait trop frisquet à notre goût: il a fallu dégager Robert d'une gangue de givre tenace avant de pouvoir démarrer. Ici, les 28°C ambiants nous rappellent pourquoi des millions d'Américains préfèrent la Californie au piémont des Rocheuses.

18 oct. 2006

Attention, vivre entraîne la mort


Confirmation au cours de ce voyage; à cause des nombreuses poursuites au civil lancées ces dernières années, les autorités américaines ont tendance à se surprotéger en prévenant les usagers de toutes sortes d'objets ou d'endroits qu'ils risquent le pire. C'est ainsi que la baignoire gonflable de notre petit possède un manuel l'apparentant à une grenade offensive, que sur certaines bouteilles de boissons gazeuses il est écrit qu'"Ouvrir ce bouchon peut occasioner des blessures graves", et que dans la buanderie d'un hôtel, nous avons lu de nos yeux: "Ne laissez pas vos enfants jouer dans la machine à laver". La palme de l'écriteau le plus alarmiste revient toutefois au Service des parcs nationaux, qui au début du sentier reliant la rive nord à la rive sud du Grand Canyon via la rivière, encaissée 1 000 mètres plus bas, met ainsi les touristes en garde (notez la jolie photo d'illustration): "ON NE RIGOLE PAS - N'ESSAYEZ PAS de marcher de la rive au bord de la rivière aller-retour sans vous être préparés à endurer les choses suivantes: lésions cérébrales permanentes, arrêt cardiaque ou mort". De toutes façons, nous étions pressés...

Colossal Canyon (version on the rocks)


L'une des leçons de notre voyage? On ne visite pas un grand pays montagneux au climat continental fin octobre en T-shirt et en sandales. Quoique. Bien qu'au Grand Canyon, rive sud, il ait fait aujourd'hui mardi... 5°C diurnes et que nous ayons essuyé une tempête de neige sur la route qui y menait, certains Américains s'y baladaient en short et en tongs! Paysage effarant et sentiers déserts dès que l'on quittait les abords des parkings; les locaux semblent aussi peu courageux que frileux. Au palmarès des animaux, nous avons aperçu cinq daims, trois aigles tournoyant en altitude, quelques écureuils et un nombre considérable de corbeaux. Et nous avons apprécié un café chaud.

L'effroi du volcan


Voilà autre chose: les plus hauts sommets de l'Arizona (4 000 mètres tout de même) sont des volcans! Et en plus, la dernière éruption de l'un d'entre eux ne remonte qu'aux Croisades, un laps de temps négligeable à l'échelle tectonique. Sur la photo, on distingue l'endormi et son fleuve de lave pétrifié depuis 1180.

Pétrifiés


A l'époque où l'Arizona se trouvait à la latitude du Guatemala (ça fait un bail), des arbres ont été engloutis par des torrents de boue, et sont restés enfouis sous terre pendant des millions d'années. Fossilisés, ils ont refait surface à cause de l'érosion et ont donné leur nom au parc national de Petrified forest. Pillés pendant le XIXe siècle et le début du XXe (certains y allaient même à la dynamite), ils sont aujourd'hui jalousement protégés: c'est la première fois que nous avons vu une caméra de surveillance en pleine nature!

15 oct. 2006

Les collines du tiramisu


Le "désert peint", polychromie en plein nulle part arizonien, prend parfois des allures de dessert italien. En tout cas, ça nous a donné faim.

Pour qui sont ces corbeaux


Visite mouillée du Parc national de Petrified Forest, dans l'est de l'Arizona, sous le regard noir d'énormes corbeaux. Le syndicat d'initiative local cultive-t-il une clientèle gothique?

Dites 66


FLAGSTAFF (Arizona) - Nous avons rejoint aujourd'hui dimanche le tracé de la fameuse route historique 66, qui relie Chicago à Los Angeles, où elle se termine par le Santa Monica Boulevard, à 100 m de chez nous. Avec la nostalgie d'une époque disparue ou presque, les Américains font beaucoup de "business", mais l'ensemble de ce corridor est plutôt triste et décati, surtout sous la pluie comme c'était le cas pour nous. Pour ceux que ça intéresse, et ils sont nombreux, le pare-chocs sur la photo appartenait à une Cadillac 1958...

Régime sec

Ce n'est pas que nous soyons alcooliques au dernier degré, mais tout de même, il y a de l'abus. Le voyageur poussiéreux et assoiffé à l'issue de sa piste/marche/panne mécanique quotidienne a le plus grand mal à se jeter un bock derrière la cravate en ces terres désolées: après la Californie, où la bière de la Sierra Nevada coule à flots, le Nevada, où des fleuves de margaritas dévalent les boulevards de Las Vegas, nous sommes au régime sec depuis notre entrée en Utah, patrie des mormons, de vrais oulémas saoudiens dès qu'il s'agit d'alcool. L'Arizona n'a rien arrangé, puisque une grande partie de ce territoire est constituée d'une réserve indienne où la vente d'eau de feu est interdite par l'Etat fédéral. Il faut bien réparer les dégâts de la conquête de l'Ouest!
Bref, aujourd'hui, dans les restaurants en terre navajo, on propose aux malheureux clients de la bière et du vin sans alcool. Nous nous droguons au thé glacé...

La ruée vers l'Oreo

Spécial dédicace pour Piipo: depuis notre départ il y a trois semaines, nous avons englouti pas moins d'un kilo et demi d'Oreo, ce petit biscuit infâme et plein de calories mais qui réconforte entre une panne et un orage. Tu es jaloux, hein?

La déesse Sih-Tro-Hen


Croisée au fin fond de l'Arizona rural!

Beau comme un canyon


En attendant la rive sud du Grand Canyon du Colorado, voici son petit frère, le canyon de Chelly, dans l'est de l'Arizona, à quelques dizaines de kilomètres du Nouveau-Mexique. Nous sommes toujours chez les Indiens où ces entailles dans le grès rouge possèdent un caractère sacré, l'une de leurs divinités, la femme araignée, nichant même sur un de ses pitons selon la tradition locale. Nous avons un peu joué à cache-cache avec les orages pour pouvoir admirer le site, qui, avec ses pâturages coincés entre les falaises ocres et ses arbres aux feuilles jaunies, pourrait ressembler à un jardin d'Eden automnal (quelle poésie).

13 oct. 2006

Comme si vous y étiez

http://www.youtube.com/watch?v=SmSkYOZQLyg

Monumental



Grande journée ce vendredi à Monument Valley: déambulation en voiture sur la piste entre les mesas et les pitons, puis balade à pied, seuls ou presque dans la nature, tant les touristes sont paresseux et ne descendent pas de leur boîte à roues. Comme nous nous trouvons à court d'adjectifs, vos commentaires sont les bienvenus!

12 oct. 2006

Mormons et merveilles

Notre séjour forcé chez les Mormons nous a au moins permis de vérifier une donnée sociale fondamentale: ils se multiplient comme les pains christiques. Notre premier dépanneur, une petite quarantaine d'années, nous a dit avoir "six enfants". Le deuxième, 25 ans à tout casser, en avait trois, âgés de un, deux et quatre ans. Et hier soir la serveuse de notre dernier repas dans une "steakhouse" de Saint George a admiré notre bambin, nous renvoyant un: "j'ai cinq garçons!" Elle avait l'air sous amphétamines mais on a conclu qu'il fallait pouvoir afficher une certaine énergie pour tenir le choc.
Au fait, lors de notre voyage de jeudi entre Saint George et Kayenta, nous avons failli tomber en panne dans les charmantes bourgades mitoyennes de Hildale et Colorado City, où la population croît de 10% chaque année. Ces deux villages sont propriété et foyer privilégié de l'église fondamentaliste des saints du dernier jour, un schisme des Mormons qui professe et pratique la polygamie, et chez laquelle les femmes sont juste bonnes à pondre! Le "prophète" de la secte vient d'ailleurs d'être arrêté pour avoir arrangé des mariages entre des hommes et des mineures. La polygamie est interdite aux Etats-Unis, mais la loi peine à s'appliquer, notamment en Utah et en Arizona où les sectes vivent en vase clos, contrôlant les mairies et donc la police des agglomérations où elles sont installées.

Ma Toyota est sarcastique

KAYENTA (Arizona) - En bref parce que ça nous énerve trop, notre voiture est encore tombée en panne, cette fois dans Kanab (Utah), à un feu rouge, alors que nous allions de Saint George à Monument Valley, 400 km dans la journée. Heureusement, le flic local ne nous a pas flingués comme l'auraient fait ses collègues de Los Angeles: bonasse et moustachu, il s'est contenté de nous escorter jusqu'au garage tout proche, où nous avons enfin éclairci le mystère de nos "breakdowns" à répétition: il y avait un fil qui faisait masse. Une réparation à 50 cents qui nous aura coûté trois jours dans une ville très peu pidante, que nous avons parcourue dans tous les sens avec la poussette et où les supermarchés n'ont plus de secrets pour nous!
Enfin, nous voici ce jeudi soir à Kayenta, aux portes de Monument Valley, en plein territoire navajo. Nous avons entr'aperçu les paysages qui ont forgé la gloire de John Wayne et de John Ford, mais verrons tout cela de plus près demain et mettrons des photos en ligne.
Conséquence de nos mésaventures mécaniques, toute la partie "Utah" de notre voyage a été repoussée à des temps plus propices, dommage car le peu que nous en avons vu s'est révélé somptueux.

11 oct. 2006

Guère de réparations

Ca y est, Robert est guéri. Sans entrer dans des considérations techniques, disons que le problème était de nature électrique et semble résolu. Nous allons reprendre la route demain jeudi, en shuntant quelques étapes pour recoller au programme. Nous vous tiendrons au courant.

Fidel Gastro


Finalement, cette petite(?) pause forcée à Saint George, Utah, n'aura pas eu que des inconvénients. On aura au moins vu ce qu'est l'American way of life. C'est là qu'on mesure l'ampleur du gouffre qui sépare les habitants de cette joyeuse ville de nos gais lurons du West Santa Monica blvd. A Saint George, et sans voiture, nous avons donc fait comme les Romains du coin: qui déjeune au Burger King dîne chez Denny's. Un vrai parcours du combattant pour nos estomacs sensibles de pauvres Frenchies, tant la taille des assiettes n'a d'égal que la fadeur de leur contenu. Bref, c'est dégueulasse!