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14 mars 2012

Yee-haw!

NASHVILLE, Tennessee - Après la pratique de mardi soir, au concert du Grand Ole Opry, nous avons étudié ce mercredi les petite et grande histoires de la musique country, dans le musée et "Hall of Fame" dédié à ce genre au centre de Nashville. Belle présentation et anecdotes intéressantes, notamment le fait que Ray Charles s'est essayé à la country et que les costumes chamarrés de cow-boys d'opérette, comme ci-contre, ont été adoptés au moment où Hollywood s'éprenait de westerns, dans les années 1930. Auparavant, chacun bidouillait sa musique dans ses habits de tous les jours.
Nashville, historiquement région de cultures et d'élevage, n'a en effet rien du Far-West; nous sommes à des milliers de kilomètres des prairies du Texas, des pâturages du Wyoming ou des pistes poussiéreuses de l'Arizona! Egalement au musée de la country, nous avons retrouvé notre ami Elvis (et une de ses Cadillac, plaquée or), les "blue suede shoes" véritables de Carl Perkins (photo) ainsi que Johnny Cash, qui berce nos "road trips" de sa voix profonde depuis 2006.

Partie de campagne

NASHVILLE, Tennessee - Changement de décor radical ce mardi soir, bien que nous dormions dans le même Etat qu'à Memphis, le Tennessee: aurant cette dernière ville est celle des musiques noires, comme le blues et la soul, autant Nashville constitue le fief de la country, musique blanche par excellence, héritière des ballades irlandaises et infusée de la rude vie des garçons vachers. Un genre qui a du mal à percer en dehors des Etats-Unis (connaissez-vous Garth Brooks, qui vendait davantage d'albums que Michael Jackson pendant sa période "Bad"?), mais fait l'objet d'un culte ici. Et comme tous les cultes, la country a son temple: le Grand Ole Opry, la salle de 4 400 places qui accueille des concerts trihebdomadaires. Nous n'allions pas rater ça! Pas moins de huit artistes ou groupes se sont succédé devant nous, du mandoliniste virtuose au crooner sur le retour, en passant par des cow-boys en jeans moulants qui ont déclenché l'hystérie des "teenagers".
Car la country ne semble pas séduire que les bedonnants aux tempes argentées. En revanche, même en scrutant bien, nous n'avons pas vu un seul Noir. Et nous n'avons pas échappé à la chanson "God bless the USA", au salut aux anciens combattants, et à l'exaltation du sacrifice des GI's déployés, selon le dernier artiste de la soirée, "en Afghanistan, au Pakistan, et en Iran". Espérons que les ayatollahs ne sont pas secrètement à l'écoute de la radio qui retransmet en direct ces concerts depuis 1925! A propos de longévité, nous avons aussi découvert Jimmie Dickens (photo du haut), qui émarge à l'Opry depuis l'administration Truman. A 91 printemps, il lance des blagues salaces entre deux gratouillages de cordes!

12 mars 2012

Les fonts baptismaux de la musique du Diable

Après Graceland, un autre lieu de pèlerinage obligé à Memphis pour les admirateurs d'Elvis et du rock en général: le studio Sun, dont un jeune un peu gauche mais à la voix d'or poussa la porte un beau jour de 1953, et alluma la mèche d'un baril de poudre qui n'en finit pas d'exploser, 60 ans plus tard. Mais c'est aussi chez Sun, le fief du visionnaire Sam Phillips, que fut enregistré le précurseur de cette musique rythmée, "Rocket 88" avec un certain Ike Turner au piano. Intact, le décor des années 1950 est toujours au rendez-vous, et des artistes viennent encore enregistrer le soir dans ce sanctuaire qui vit passer B.B. King, Howlin' Wolf, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis et Johnny Cash, outre Elvis. Les (un peu) plus jeunes apprendront aussi avec intérêt que c'est dans cet endroit que la bande à Bono grava une partie de l'album "Rattle and Hum" en 1987-88.

Elvis dans la peau

MEMPHIS, Tennessee - Même grands admirateurs de la musique du "King", plutôt période fin des années 1950, nous nous attendions au pire en abordant Graceland, la maison qu'Elvis Presley acheta au début de sa carrière dans le sud de Memphis. Mais l'endroit, certes kitsch, n'est pas aussi horrible que l'on aurait pu le craindre. D'abord, la maison n'a rien de pharaonique, et ferait pâle figure face à n'importe quel néo-manoir de star de la NBA aujourd'hui; ensuite, les objets exposés sont vraiment exceptionnels, de la Cadillac rose qu'Elvis avait offerte à sa maman aux centaines de disques d'or glanés par l'artiste au milliard de galettes vendues, en passant par son costume de scène "tout cuir", du concert télévisé spécial de décembre 1968, qui avait marqué son grand retour. Evidemment, tout cela est "marketé" à mort, et la réplique du costume peut être vôtre pour 1 500 dollars, mais nous avons quitté Graceland plutôt contents d'avoir étudié de plus près la référence du rock qui, bientôt 35 ans après sa mort, continue à drainer 600 000 visiteurs par an dans son ancien "Xanadu".





























































11 mars 2012

Toi aussi, Memphis

Comme beaucoup de villes américaines, Memphis a deux visages, hérités de la fuite des Blancs du centre-ville après la Seconde Guerre mondiale: un quartier touristique et piéton sur deux artères, dont Beale Street (photo), et un "downtown" où les immeubles administratifs ou commerciaux se succèdent de loin en loin, entourés de "dents creuses" comme des parkings désaffectés et des entrepôts condamnés devant lesquels errent quelques clochards. Le quartier de Beale street, soigneusement surveillé par la police, rassemble les boîtes, clubs et restaurants jouant rock, blues et soul, non loin d'un musée dédié à ces genres musicaux. Nous avons passé notre matinée dans cet établissement à nous ébaubir devant les costumes de scène d'Elvis, la guitare de Johnny Cash et l'inévitable juke-box Wurlitzer, tout en néons. Et le soir, nous sommes allés déguster des "ribs" (plat de côtes sauce barbecue) et des "burgers" dans le restaurant de B.B. King, le roi octogénaire du blues, des décibels plein les oreilles.

16 mai 2009

S'instruire en rockant


Seattle étant l'une des rares villes américaines à posséder un musée du rock (avec notre Los Angeles et Cleveland dans l'Ohio), nous n'allions pas laisser passer l'occasion de nous cultiver. Une partie de notre vendredi après-midi a donc été consacré à étudier les distorsions de la pédale de guitare "wah-wah" de Jimi Hendrix, enfant du pays, jauger des costumes de scène de Johnny Cash et admirer une impressionnante rétrospective de la guitare électrique à travers les âges, de Bo Diddley à Kurt Cobain en passant par Eric Clapton et Eddie Van Halen.
Dans le hall, cette incroyable sculpture de 700 instruments de musique vaut le détour.