NASHVILLE, Tennessee - Après la pratique de mardi soir, au concert du Grand Ole Opry, nous avons étudié ce mercredi les petite et grande histoires de la musique country, dans le musée et "Hall of Fame" dédié à ce genre au centre de Nashville. Belle présentation et anecdotes intéressantes, notamment le fait que Ray Charles s'est essayé à la country et que les costumes chamarrés de cow-boys d'opérette, comme ci-contre, ont été adoptés au moment où Hollywood s'éprenait de westerns, dans les années 1930. Auparavant, chacun bidouillait sa musique dans ses habits de tous les jours.
Nashville, historiquement région de cultures et d'élevage, n'a en effet rien du Far-West; nous sommes à des milliers de kilomètres des prairies du Texas, des pâturages du Wyoming ou des pistes poussiéreuses de l'Arizona! Egalement au musée de la country, nous avons retrouvé notre ami Elvis (et une de ses Cadillac, plaquée or), les "blue suede shoes" véritables de Carl Perkins (photo) ainsi que Johnny Cash, qui berce nos "road trips" de sa voix profonde depuis 2006.
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14 mars 2012
12 mars 2012
Les fonts baptismaux de la musique du Diable
Après Graceland, un autre lieu de pèlerinage obligé à Memphis pour les admirateurs d'Elvis et du rock en général: le studio Sun, dont un jeune un peu gauche mais à la voix d'or poussa la porte un beau jour de 1953, et alluma la mèche d'un baril de poudre qui n'en finit pas d'exploser, 60 ans plus tard. Mais c'est aussi chez Sun, le fief du visionnaire Sam Phillips, que fut enregistré le précurseur de cette musique rythmée, "Rocket 88" avec un certain Ike Turner au piano. Intact, le décor des années 1950 est toujours au rendez-vous, et des artistes viennent encore enregistrer le soir dans ce sanctuaire qui vit passer B.B. King, Howlin' Wolf, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis et Johnny Cash, outre Elvis. Les (un peu) plus jeunes apprendront aussi avec intérêt que c'est dans cet endroit que la bande à Bono grava une partie de l'album "Rattle and Hum" en 1987-88.
Elvis dans la peau
11 mars 2012
Le jour où le rêve trembla
MEMPHIS, Tennessee - C'est le 4 avril 1968 que Martin Luther King est assassiné. Le chef de file de la lutte pour les droits civiques est venu à Memphis défendre les éboueurs en grève pour de meilleures conditions de travail. Le lieu du crime, le Lorraine Motel (photo) dans le centre-ville, a été transformé au début des années 1990 en musée de la cause du pasteur, retraçant l'histoire de la bataille des Noirs américains pour leur émancipation et leur accession au statut de citoyens à part entière, en commençant par l'arrivée des premiers esclaves en 1619. Extrêmement détaillé, voire touffu, cet endroit, comme le parc national historique d'Atlanta que nous avions visité la semaine dernière, vient rappeler qu'il y a à peine deux générations, les Noirs vivaient un enfer quotidien dans les Etats du Vieux Sud, entre discriminations, lynchages et incroyable mépris dans la culture populaire des blancs. Une vidéo nous a particulièrement frappés: on y voit un éducateur exhorter des jeunes Noirs à se convaincre qu'un Noir sera un jour président des Etats-Unis. C'était en 1963.
9 mars 2012
Ondées sur Nawlins
Si vous prononcez le nom de La Nouvelle-Orléans en anglais "NiouHorlins", c'est que vous n'êtes pas du coin. Les autochtones disent "Nawlins". Pour notre dernière journée dans la belle du Sud, nous avons arpenté les ruelles du Vieux Carré, de la place Jackson (photo) centrale aux rues Royale et des Ursulines en français dans le texte. Arrêt aussi au Presbytère, le musée de la ville dont le rez-de-chaussée présente une exposition terrible sur l'ouragan Katrina, qui s'était abattu sur la ville fin août 2005. Le quartier français avait été épargné par la montée des eaux mais les autres n'avaient pas eu la même chance. Ce vendredi, alors que les fêtards emplissaient déjà Bourbon Street dès l'heure du goûter, titubant entre deux abreuvoirs, nous nous sommes régalés de balcons chantournés, de vieilles pierres pleines d'âme et de magasins raffinés. Le temps s'était mis au gris mais nous sommes passés entre les gouttes.
7 mars 2012
Quelle Vacherie
LA NOUVELLE-ORLEANS, Louisiane - Nous voici arrivés en terre promise, au bout de longues autoroutes bordées de pins puis de marécages: la Louisiane, qui n'est plus française depuis 209 ans mais a gardé de nombreuses traces de l'époque où la langue de Voltaire faisait autorité dans le tiers central des actuels Etats-Unis. Dans la commune au doux nom de Vacherie, est sise cette propriété hollywoodienne, l'"Oak Alley Plantation" dont l'allée de chênes tricentenaires vaut à elle seule le voyage. L'endroit se visite avec une guide en costume d'époque, dans un Sud romantique reconstitué et sans doute un peu idéalisé. Les quartiers des esclaves, qui avaient disparu, vont être reconstitués paraît-il, pour donner une image plus complète du passé. Au milieu du XIXe siècle, des dizaines de plantations se succédaient au bord du fleuve Mississippi, de La Nouvelle-Orléans jusqu'à Natchez. Aujourd'hui, ces propriétés, du moins celles qui restent, font figure d'enclaves enchantées: le développement du territoire au nom du dieu Pétrole a en effet défiguré une grande partie des abords du fleuve, entre raffineries, usines pétrochimiques et même une centrale nucléaire...
Un super mardi
MOBILE, Alabama - Nous avons quitté Atlanta au tout petit matin du mardi 5 mars, alias le "super-mardi" pour les candidats restants aux primaires républicaines en vue de la présidentielle de novembre: c'est le jour où dix Etats, dont la Géorgie justement, attribuaient des délégués pour la convention du parti conservateur à Tampa en août. Mais nous ne nous sommes pas attardés à surveiller les opérations de vote, et avons filé vers le sud-ouest, direction l'Alabama. D'abord, divine surprise, cet Etat est situé dans un fuseau horaire différent, celui du centre des Etats-Unis, ce qui nous a donné une heure supplémentaire d'activités. Et quelles activités! Au bout de l'autoroute, nous sommes tombés sur l'USS Alabama, un cuirassé de la Seconde Guerre mondiale, transformé en bateau-musée. Les Américains, toujours aussi forts, ont créé trois circuits de visite de ce bestiau de 210 mètres de long, capable au temps de sa splendeur de dépasser les 50 km/h sur mer et doté d'un rayon d'action de 20 000 km! Des kilomètres de coursives et des escaliers aussi abrupts qu'interminables ont mis nos mollets à rude épreuve, et c'est en sifflotant "In the Navy" que nous avons poursuivi nos périgrinations.
5 mars 2012
Au pays des caries
Un après-midi dans le monde enchanté de Coca-Cola, c'est l'expérience... intéressante que nous avons vécue lundi dans le musée dédié à la boisson effervescente marron, inventée par le bon docteur Pemberton voici 126 ans à Atlanta. Un peu fourre-tout, le "World of Coca-Cola" vaut pourtant pour ses expositions d'objets promotionnels étonnants, de publicités rétro, y commris en français (en photo, sans doute un exemple canadien) et de distributeurs frappés du logo rouge, dont un fit le voyage dans la navette spatiale en 1985! Et la visite se conclut par une razzia sur des distributeurs de produits Coca du monde entier, du "Nestea" français, sans doute le moins sucré du lot, au "Krest" mozambicain en passant par l'"Inca Cola" (sic) venu du Pérou et le "Sunfill" de Djibouti. C'est notre dentiste qui va être content...
25 août 2011
Chez Louis
LOUISBOURG, Nouvelle-Ecosse - A la Saint Louis, Louisbourg tu visiteras. Les républicains que nous sommes n'avaient aucune idée de l'importance de la date, mais les bourgeois de Louisbourg si: nous avons visité leur petite ville, dédiée donc à Louis XIV, en une belle journée d'août 1744, au temps béni de la Nouvelle-France. Procession religieuse, exercices militaires, collation au champagne: le site historique de la forteresse de Louisbourg, tout au nord-est de la Nouvelle-Ecosse, ne lésine pas sur les moyens pour plonger les visiteurs dans le passé. Pourtant, la place forte dont nous avons arpenté les ruelles et qui fut dans la première moitié du XVIIIe siècle l'un des centres stratégiques français en Amérique du Nord, n'est qu'une reconstitution d'après des plans d'époque. Après avoir conquis définitivement Louisbourg en 1758, les Anglais avaient en effet démantelé la forteresse et sa formidable batterie de canons. La prise de Louisbourg, clé du Saint-Laurent, avait signé le début de la fin pour la souveraineté française dans la région; un an plus tard, Montcalm était défait à Québec.
Deux siècles après, le gouvernement canadien a repris les plans d'origine de Louisbourg pour recréer un site historique. Sous les pierres brutes et les planches de bois délavées pas les intempéries se cachent en effet fer à béton et installations électriques. Mais on s'y croit, grâce d'abord au jeu des acteurs en costume, incollables sur la vie dans les colonies au temps de Louis XV, mais aussi à la sobriété de la reconstitution. Pas une enseigne criarde en vue, la musique d'ambiance est jouée au fifre et au tambour militaire, et il ne manque plus qu'une frégate venue de Brest mouillant en rade pour que l'illusion soit complète.
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21 août 2011
Nos ancêtres les Acadiens
Le "Village historique acadien", reconstitution d'un hameau de l'Acadie évoluant entre XVIIIe et XXe siècle, on l'aborde avec une pointe de méfiance: ne va-t-on pas atterrir dans un Disneyland de la ruralité coloniale et francophone? Mais non, ce musée vivant séduit. D'abord parce que les maisons sont authentiques, mêmes si rassemblées dans cet endroit au sud de Caraquet pour la commodité de la visite. Ensuite, parce qu'elles sont occupées par des Acadiens en costume d'époque qui évoquent pour nous la vie dans ces fermes fonctionnant en autosuffisance malgré des familles dépassant parfois les dix membres. Les fermières cardent la laine, tissent le lin, un forgeron, maniant le marteau, le soufflet et l'enclume, donne forme à un clou en quelques secondes. On progresse dans le temps: une maîtresse d'école raconte comment ses homologues du XIXe siècle rusaient avec les autorités académiques britanniques pour perpétuer la langue française malgré l'interdiction de l'enseigner, un étameur donne vie à un sifflet en quelques pliures savantes de métal, un mécanicien du début du XXe siècle fait admirer une Ford T. On quitte l'endroit avec un sentiment d'admiration vis-à-vis de ces ancêtres et cousins qui se sont accrochés à cette terre, qui, faut-il le rappeler, subit des hivers à -30°C.
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15 août 2011
Les moulins d’avant
Voyager en s’instruisant, telle est notre devise. A ce titre, l’escale des moulins de l’Isle-aux-Coudres restera comme un grand moment : cet « économusée » permet en effet de voir fonctionner en conditions réelles un véritable moulin à eau du début du XIXe siècle, démonstration d’un meunier comprise. Roue, engrenages, godets, meules, blé, sarrasin, son et farine n’ont plus de secrets pour nous. Insolite, l’édifice se double d’un moulin à vent, en cours de restauration, chacun pouvant suppléer à l’autre en cas de pénurie d’eau ou de vent.
Atelier brouillard
Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle et que toute excursion de longue durée en extérieur risque de se finir en quadruple pneumonie, il faut consulter les brochures du syndicat d’initiative. Un petit détour donc mercredi 10 au chantier naval du Charlevoix, un endroit où ont été construits des dizaines de caboteurs fluviaux à l’époque où le bois exploité dans la région se transportait dans des petites coquilles de noix. Emouvant aussi, un ancien remorqueur du Saint Laurent, le « Félicia », en service de 1929 à… 1996 !
Vauban des nations
Ah les perfides Anglois. Non contents d'avoir botté les fesses de Montcalm et d'avoir conquis le Canada français en un tournemain en 1760, ils sont allés jusqu'à copier les plans de notre Vauban national pour ériger les défenses de la citadelle de « Québec City »! Visite guidée ce mercredi entre redoutes, barbacanes et échauguettes de la forteresse qui surplombe la ville. Toujours occupée par le 22e régiment canadien, le seul 100% francophone, la zone ne se visite qu'avec un guide, et vaut le déplacement. Très belles vues sur la ville, objets militaires en pagaille (des croix de Victoria, un tank Sherman, et même la casquette à visière du maréchal Foch!) et cours d'histoire accéléré de la région. Nous avons eu la chance d'assister à la relève de la garde en grand uniforme, en tout point comparable à celle de Buckingham Palace, même si leurs rangs étaient moins fournis.
Chambly
Petite escale historique dès le début de notre séjour québécois, par le Fort Chambly dans la vallée du Richelieu, cet affluent du Saint-Laurent qui fut un couloir stratégique à l'époque des guerres indiennes, puis des guerres anglo-françaises, puis des guerres anglo-américaines... Autant dire que cette place forte a vu passer pas mal d'envahisseurs et que la structure actuelle n'a plus grand chose à voir avec celle qui fut érigée au XVIIe siècle par les maudits Français. Intéressante exposition à l'intérieur sur les conditions de vie des garnisons à différentes époques, agrandissement de parasites corporels compris. Rude, la vie dans les colonies. Et encore, nous voyons l'endroit début août, quand les rapides voisins ne charrient pas de glaçons...
22 févr. 2011
Le dieu Chat
KEY WEST, Floride - Triste nouvelle : Liz Taylor n'est plus. Sa dépouille repose dans le cimetière aménagé sous les arbres derrière la maison d'Hemingway. La petite chatte était l'un des nombreux félins dont raffolait l'auteur. Pas n'importe lesquels : ces animaux avaient six griffes à chaque patte. Le journaliste-écrivain les fit se reproduire tant et si bien qu'aujourd'hui encore 44 de leurs descendants règnent en maître sur la maison. Ils portent tous des noms de célébrité, nous avons eu l'honneur de faire la connaissance de Gary Cooper. Et si jamais vous êtes allergiques, pas besoin d'avaler une tablette de Zyrtec : une webcam vous permet de suivre leurs faits et gestes 24 heures sur 24.
Key West est une fête
KEY WEST, Floride - Visite émouvante et instructive de la maison d'Hemingway : l'auteur américain a résidé avec sa deuxième épouse Pauline (il se mariera quatre fois, "mistakes were made" concèdera-t-il plus tard) sur l'île au début des années 1930. Remarqué parmi ses livres rangés dans une bibliothèque du premier étage entre une biographie d'Abraham Lincoln et une histoire des services secrets américains, un exemplaire de Maigret de Simenon. Travaillant de 6h à midi dans un bureau aménagé dans le grenier d'une ancienne remise à carrioles, l'écrivain passait ensuite le restant de la journée à la pêche au marlin ou au bar avec ses amis. Les relations entre les deux époux ne devaient pas être de tout repos : Hemingway offrit un jour une latrine à sa femme qui ne goûta guère la plaisanterie et la transforma en fontaine pour leurs chats. Elle lui avait fait construire une piscine d'eau salée: quand il en apprit le coût (20 000 des dollars de l'époque), il lui lança une piécette en s'écriant : "Tu veux me ruiner jusqu'au dernier sou". Ou quelque chose dans ce genre. Aujourd'hui encore, on peut admirer ce "dernier sou" d'Hemingway, que Pauline fit sceller dans le ciment au bord de la piscine.
16 févr. 2011
Mise en boîte
Dans la lune
KENNEDY SPACE CENTER, Floride - Surdose de voie lactée, saturation d'astrophysique et plein d'émotions spatiales ce mercredi, passé à arpenter l'immense centre Kennedy près de Cap Canaveral, d'où Armstrong, Shepard, Glenn et autres glorieux pionniers ont décollé vers l'immortalité. Distrayant et instructif, le complexe n'a qu'un défaut: il faudrait deux bonnes journées pour en épuiser les charmes. Nous avons tout de même réussi à caser l'essentiel, dont une visite dans le captivant pavillon consacré à la conquête de la lune, un film en "trouadé" sur la station spatiale internationale, et même, coup de chance, un aperçu lointain de la vraie navette spatiale, actuellement sur son pas de tir avant un lancement prévu la semaine prochaine. Un des temps forts? Les colossales fusées Saturne V sur lesquelles s'asseyaient les astronautes du programme Apollo. Chacun de ses cinq moteurs (photo) est aussi puissant que les trois engins équipant les navettes d'aujourd'hui.
15 févr. 2011
Fort ancien
ST AUGUSTINE, Floride - Retour aux sources de la colonisation nord-américaine ce mardi. Et elle n'était pas anglophone. Soixante ans avant l'arrivée des pèlerins du Mayflower, les Espagnols avaient installé une colonie dans le nord de ce qui est aujourd'hui l'Etat de Floride: St Augustine. Bien que la ville originelle ait été détruite lors des multiples affrontements ayant fait rage pour le contrôle d'une région tour à tour disputée par les Anglais mais aussi les Français, St Augustine est charmante et son fort de la fin du XVIIe siècle émouvant; pour une fois aux Etats-Unis que les échauguettes, barbacanes et douves ne sont pas en béton armé et n'ornent pas un casino de Las Vegas!
13 févr. 2011
Plantation tricentenaire
Escale dominicale dans la "Magnolia Plantation", un autre endroit de Caroline du sud suspendu dans le temps. Fondée en 1676, cette imposante propriété célébrait donc son centenaire quand les Etats-Unis déclarèrent leur indépendance. Belle demeure, superbes jardins hélas pas encore vraiment fleuris, des marais où rôdent paraît-il des alligators (pas vus) et témoignage quasi intact d'une époque révolue, quand les aristocrates sudistes au faîte de leur richesse régnaient sur des milliers d'hectares du Nouveau monde. Ce n'est qu'en sortant de la plantation que l'on remarque les petites bicoques installées à l'écart: les quartiers des esclaves.
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