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15 juin 2012
La dégelée indienne
LITTLE BIGHORN, Montana. 26 juin 1876. Alors que les Etats-Unis s'apprêtent à fêter le centenaire de leur déclaration d'indépendance, les Indiens Crow, Lakota et Cheyenne infligent une terrible défaite au général Custer et à ses troupes venus faire place nette à la colonisation du dernier carré de terres américaines non encore sous la coupe de Washington. Custer, héros de la Guerre de Sécession, y perd la vie au milieu de ses hommes. Aujourd'hui, le champ de bataille est voué à la mémoire de ceux qui y périrent, soldats mais aussi Indiens. Il a tout de même fallu attendre 2003 pour qu'un monument (photo) soit érigé en souvenir des guerriers indigènes, alors qu'une stèle marquait depuis 1890 la fosse où reposaient les restes des soldats. Et signe d'une prise de conscience un peu tardive, ou d'une tentative d'occulter l'un des péchés originels des Etats-Unis? Jusqu'en 1991, le monument national portait le nom de Custer.
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12 juin 2012
Du haut de ces présidents
On a beau les avoir vus en photo ou dans la "Mort aux trousses", les quatre présidents qui toisent leurs concitoyens, depuis le Mont Rushmore au Dakota du Sud, laissent pantois lorsqu'ils se dévoilent au détour d'un lacet de montagne. Le monument, faut-il le rappeler, n'est pas si vieux: les têtes de George Washington, William Jefferson, Abraham Lincoln et Theodore Roosevelt ont été sculptées (à la dynamite et au marteau-piqueur!) entre 1927 et 1941. L'endroit, avec un centre des visiteurs tentaculaire en contrebas, a été conçu comme une ode à la grandeur de la démocratie américaine, à grands coups d'adjectifs ronflants et de petits drapeaux. Un petit sentier s'approchant de l'oeuvre permet d'en appréhender la taille colossale.
12 mars 2012
Les fonts baptismaux de la musique du Diable
Après Graceland, un autre lieu de pèlerinage obligé à Memphis pour les admirateurs d'Elvis et du rock en général: le studio Sun, dont un jeune un peu gauche mais à la voix d'or poussa la porte un beau jour de 1953, et alluma la mèche d'un baril de poudre qui n'en finit pas d'exploser, 60 ans plus tard. Mais c'est aussi chez Sun, le fief du visionnaire Sam Phillips, que fut enregistré le précurseur de cette musique rythmée, "Rocket 88" avec un certain Ike Turner au piano. Intact, le décor des années 1950 est toujours au rendez-vous, et des artistes viennent encore enregistrer le soir dans ce sanctuaire qui vit passer B.B. King, Howlin' Wolf, Carl Perkins, Jerry Lee Lewis et Johnny Cash, outre Elvis. Les (un peu) plus jeunes apprendront aussi avec intérêt que c'est dans cet endroit que la bande à Bono grava une partie de l'album "Rattle and Hum" en 1987-88.
Elvis dans la peau
11 mars 2012
Toi aussi, Memphis
Comme beaucoup de villes américaines, Memphis a deux visages, hérités de la fuite des Blancs du centre-ville après la Seconde Guerre mondiale: un quartier touristique et piéton sur deux artères, dont Beale Street (photo), et un "downtown" où les immeubles administratifs ou commerciaux se succèdent de loin en loin, entourés de "dents creuses" comme des parkings désaffectés et des entrepôts condamnés devant lesquels errent quelques clochards. Le quartier de Beale street, soigneusement surveillé par la police, rassemble les boîtes, clubs et restaurants jouant rock, blues et soul, non loin d'un musée dédié à ces genres musicaux. Nous avons passé notre matinée dans cet établissement à nous ébaubir devant les costumes de scène d'Elvis, la guitare de Johnny Cash et l'inévitable juke-box Wurlitzer, tout en néons. Et le soir, nous sommes allés déguster des "ribs" (plat de côtes sauce barbecue) et des "burgers" dans le restaurant de B.B. King, le roi octogénaire du blues, des décibels plein les oreilles.
Le jour où le rêve trembla
MEMPHIS, Tennessee - C'est le 4 avril 1968 que Martin Luther King est assassiné. Le chef de file de la lutte pour les droits civiques est venu à Memphis défendre les éboueurs en grève pour de meilleures conditions de travail. Le lieu du crime, le Lorraine Motel (photo) dans le centre-ville, a été transformé au début des années 1990 en musée de la cause du pasteur, retraçant l'histoire de la bataille des Noirs américains pour leur émancipation et leur accession au statut de citoyens à part entière, en commençant par l'arrivée des premiers esclaves en 1619. Extrêmement détaillé, voire touffu, cet endroit, comme le parc national historique d'Atlanta que nous avions visité la semaine dernière, vient rappeler qu'il y a à peine deux générations, les Noirs vivaient un enfer quotidien dans les Etats du Vieux Sud, entre discriminations, lynchages et incroyable mépris dans la culture populaire des blancs. Une vidéo nous a particulièrement frappés: on y voit un éducateur exhorter des jeunes Noirs à se convaincre qu'un Noir sera un jour président des Etats-Unis. C'était en 1963.
10 mars 2012
Mississippi driving
MEMPHIS, Tennessee - Nous sommes arrivés tard ce samedi soir à Memphis, la Terre promise du blues, après une grosse journée de route depuis La Nouvelle-Orléans, 750 km au bas mot. L'Etat du Mississippi est en effet aussi long à traverser qu'à épeler, d'autant plus que nous n'avons pas résisté à l'envie d'un petit crochet par Baton Rouge, la capitale de Louisiane, histoire d'attraper la Highway 61, qui relie Chicago à "Nawlins" et que Bob Dylan revisita. Elle traverse en particulier Natchez, une petite bourgade en damier aujourd'hui assoupie, mais qui fut à la grande époque des plantations l'une des villes les plus riches des Etats-Unis, grâce au négoce du coton mais aussi des esclaves. Quelques somptueuses demeures rappellent ce passé prospère, ainsi qu'un tout petit bout de village au bord du fleuve Mississippi en contrebas, avec l'inévitable bateau à aubes transformé en casino-restaurant (photo). Le village était auparavant installé sur les berges de la troisième voie d'eau du monde, mais le monstre a grignoté la terre et il ne reste plus qu'un saloon et une rue de cet ancien port stratégique. Ce sont les français qui l'ont fondé, aux dépens des indiens Natchez qui peuplaient la région. Après la 61, nous avons récupéré la "Natchez Trace", l'une des routes pittoresques gérées par le service des parcs nationaux et vierges de toute zone industrielle; un vrai repos pour nos yeux de voyageurs.
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9 mars 2012
Ondées sur Nawlins
Si vous prononcez le nom de La Nouvelle-Orléans en anglais "NiouHorlins", c'est que vous n'êtes pas du coin. Les autochtones disent "Nawlins". Pour notre dernière journée dans la belle du Sud, nous avons arpenté les ruelles du Vieux Carré, de la place Jackson (photo) centrale aux rues Royale et des Ursulines en français dans le texte. Arrêt aussi au Presbytère, le musée de la ville dont le rez-de-chaussée présente une exposition terrible sur l'ouragan Katrina, qui s'était abattu sur la ville fin août 2005. Le quartier français avait été épargné par la montée des eaux mais les autres n'avaient pas eu la même chance. Ce vendredi, alors que les fêtards emplissaient déjà Bourbon Street dès l'heure du goûter, titubant entre deux abreuvoirs, nous nous sommes régalés de balcons chantournés, de vieilles pierres pleines d'âme et de magasins raffinés. Le temps s'était mis au gris mais nous sommes passés entre les gouttes.
8 mars 2012
Ca sent comme là-bas, dis!
LA NOUVELLE ORLEANS, Louisiane - Première réelle incursion ce jeudi dans le "Vieux Carré", le coeur historique de La Nouvelle-Orléans. Très belles maisons évidemment, avec leurs balcons en fer forgé, mais aussi des bars et des pièges à touristes à gogo, où les margaritas, daïquiris et mint juleps convainquent les visiteurs que chez les créoles, la fête est plus folle. Mais ce qui nous a le plus frappés, c'est que La Nouvelle-Orléans, contrairement à pas mal d'autres villes américaines aseptisées, est un endroit qui sent fort. Ce bouquet d'égoût, de cuisine épicée, de poussière d'hydrocarbures et de jus de poisson rance qui est aussi celui de certaines médinas d'Afrique du Nord, nous l'avons pris en plein dans les narines en parcourant les rues Bourbon, Royale et Sainte-Anne. Des escales obligées par les beignets du Café du monde, les berges surélevées du Mississippi et la place Jackson, dont la statue équestre ressemble comme deux gouttes de tafia à celle qui orne le square devant la Maison Blanche à Washington, nous ont déjà séduits et nous poursuivrons demain notre exploration.
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7 mars 2012
Quelle Vacherie
LA NOUVELLE-ORLEANS, Louisiane - Nous voici arrivés en terre promise, au bout de longues autoroutes bordées de pins puis de marécages: la Louisiane, qui n'est plus française depuis 209 ans mais a gardé de nombreuses traces de l'époque où la langue de Voltaire faisait autorité dans le tiers central des actuels Etats-Unis. Dans la commune au doux nom de Vacherie, est sise cette propriété hollywoodienne, l'"Oak Alley Plantation" dont l'allée de chênes tricentenaires vaut à elle seule le voyage. L'endroit se visite avec une guide en costume d'époque, dans un Sud romantique reconstitué et sans doute un peu idéalisé. Les quartiers des esclaves, qui avaient disparu, vont être reconstitués paraît-il, pour donner une image plus complète du passé. Au milieu du XIXe siècle, des dizaines de plantations se succédaient au bord du fleuve Mississippi, de La Nouvelle-Orléans jusqu'à Natchez. Aujourd'hui, ces propriétés, du moins celles qui restent, font figure d'enclaves enchantées: le développement du territoire au nom du dieu Pétrole a en effet défiguré une grande partie des abords du fleuve, entre raffineries, usines pétrochimiques et même une centrale nucléaire...
Un super mardi
MOBILE, Alabama - Nous avons quitté Atlanta au tout petit matin du mardi 5 mars, alias le "super-mardi" pour les candidats restants aux primaires républicaines en vue de la présidentielle de novembre: c'est le jour où dix Etats, dont la Géorgie justement, attribuaient des délégués pour la convention du parti conservateur à Tampa en août. Mais nous ne nous sommes pas attardés à surveiller les opérations de vote, et avons filé vers le sud-ouest, direction l'Alabama. D'abord, divine surprise, cet Etat est situé dans un fuseau horaire différent, celui du centre des Etats-Unis, ce qui nous a donné une heure supplémentaire d'activités. Et quelles activités! Au bout de l'autoroute, nous sommes tombés sur l'USS Alabama, un cuirassé de la Seconde Guerre mondiale, transformé en bateau-musée. Les Américains, toujours aussi forts, ont créé trois circuits de visite de ce bestiau de 210 mètres de long, capable au temps de sa splendeur de dépasser les 50 km/h sur mer et doté d'un rayon d'action de 20 000 km! Des kilomètres de coursives et des escaliers aussi abrupts qu'interminables ont mis nos mollets à rude épreuve, et c'est en sifflotant "In the Navy" que nous avons poursuivi nos périgrinations.
5 mars 2012
Au sommet de la montagne
Très émouvante visite lundi matin dans le quartier historique d'Auburn, à quelques centaines de mètres à l'est du centre-ville d'Atlanta; c'est là que naquit,vécut et prêcha Martin Luther King, le héraut de la lutte pour la déségrégation raciale et les droits civiques dans les Etats du Vieux Sud. De la Géorgie au Texas étaient alors toujours en vigueur des lois héritées de la période "Jim Crow", quand le Sud vaincu pendant la Guerre de Sécession avait trouvé un moyen de cantonner les Noirs dans une citoyenneté de seconde zone. Entre la maison natale du pasteur (photo) et l'église baptiste Ebenezer où il prononça des sermons avec son père, le service des Parcs nationaux retrace la vie héroïque du prix Nobel de la paix, avec ses interventions les plus célèbres, comme "J'ai fait un rêve" sur les marches du mémorial Lincoln à Washington DC. Mais le discours le plus émouvant est sans doute celui dit du "sommet de la montagne", dans lequel il avait évoqué le souvenir qu'il souhaitait laisser au monde, à la veille de son assassinat à Memphis. Beaucoup d'images d'archives, où l'on voit le charisme et l'éloquence époustouflants de King à l'oeuvre, mais aussi des Blancs des années 1950 énoncer des opinions d'une violence inouïes. On en sort pour le moins ébranlé, et d'autant plus pessimiste sur l'émergence d'une société "post-raciale" célébrée après l'élection d'Obama: en rentrant, on croise en effet des dizaines de paumés ou de SDF dans les rues délabrées du centre d'Atlanta. Tous, sans exception, sont noirs.
25 août 2011
Chez Louis
LOUISBOURG, Nouvelle-Ecosse - A la Saint Louis, Louisbourg tu visiteras. Les républicains que nous sommes n'avaient aucune idée de l'importance de la date, mais les bourgeois de Louisbourg si: nous avons visité leur petite ville, dédiée donc à Louis XIV, en une belle journée d'août 1744, au temps béni de la Nouvelle-France. Procession religieuse, exercices militaires, collation au champagne: le site historique de la forteresse de Louisbourg, tout au nord-est de la Nouvelle-Ecosse, ne lésine pas sur les moyens pour plonger les visiteurs dans le passé. Pourtant, la place forte dont nous avons arpenté les ruelles et qui fut dans la première moitié du XVIIIe siècle l'un des centres stratégiques français en Amérique du Nord, n'est qu'une reconstitution d'après des plans d'époque. Après avoir conquis définitivement Louisbourg en 1758, les Anglais avaient en effet démantelé la forteresse et sa formidable batterie de canons. La prise de Louisbourg, clé du Saint-Laurent, avait signé le début de la fin pour la souveraineté française dans la région; un an plus tard, Montcalm était défait à Québec.
Deux siècles après, le gouvernement canadien a repris les plans d'origine de Louisbourg pour recréer un site historique. Sous les pierres brutes et les planches de bois délavées pas les intempéries se cachent en effet fer à béton et installations électriques. Mais on s'y croit, grâce d'abord au jeu des acteurs en costume, incollables sur la vie dans les colonies au temps de Louis XV, mais aussi à la sobriété de la reconstitution. Pas une enseigne criarde en vue, la musique d'ambiance est jouée au fifre et au tambour militaire, et il ne manque plus qu'une frégate venue de Brest mouillant en rade pour que l'illusion soit complète.
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21 août 2011
Nos ancêtres les Acadiens
Le "Village historique acadien", reconstitution d'un hameau de l'Acadie évoluant entre XVIIIe et XXe siècle, on l'aborde avec une pointe de méfiance: ne va-t-on pas atterrir dans un Disneyland de la ruralité coloniale et francophone? Mais non, ce musée vivant séduit. D'abord parce que les maisons sont authentiques, mêmes si rassemblées dans cet endroit au sud de Caraquet pour la commodité de la visite. Ensuite, parce qu'elles sont occupées par des Acadiens en costume d'époque qui évoquent pour nous la vie dans ces fermes fonctionnant en autosuffisance malgré des familles dépassant parfois les dix membres. Les fermières cardent la laine, tissent le lin, un forgeron, maniant le marteau, le soufflet et l'enclume, donne forme à un clou en quelques secondes. On progresse dans le temps: une maîtresse d'école raconte comment ses homologues du XIXe siècle rusaient avec les autorités académiques britanniques pour perpétuer la langue française malgré l'interdiction de l'enseigner, un étameur donne vie à un sifflet en quelques pliures savantes de métal, un mécanicien du début du XXe siècle fait admirer une Ford T. On quitte l'endroit avec un sentiment d'admiration vis-à-vis de ces ancêtres et cousins qui se sont accrochés à cette terre, qui, faut-il le rappeler, subit des hivers à -30°C.
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En Acadie
CARAQUET, Nouveau Brunswick - L'Acadie et les Acadiens au menu dominical. Cette région au sud-est du Québec est peuplée de descendants de paysans du Poitou ayant émigré là aux premières heures de la présence française en Amérique du Nord, au début du XVIIe siècle. Depuis cette époque, les Acadiens en ont vu des vertes et des pas mûres, tombant sous le joug du détesté roi d'Angleterre dès le début du XVIIIe siècle, avant même la chute de Québec en 1760. Catholiques, déjà jaloux de leurs coutumes et de leur relative autonomie vis-à-vis du pouvoir royal français quand ils en étaient les sujets, les quelques milliers d'Acadiens ne se sont pas laissés faire et en ont payé le prix, expulsés de leur territoire par les troupes de Londres au milieu du XVIIIe avant de revenir par la fenêtre et de se réinstaller au fil des ans dans la péninsule du nord-est du Nouveau-Brunswick, séparée de la Gaspésie par la Baie des Chaleurs. Très fiers de leurs origines, de leur langue et de leur culture, les Acadiens pavoisent leurs maisons et leurs voitures de drapeaux bleu-blanc-rouge, ornés d'une étoile couleur or, symbole de Marie et de la papauté. Cet emblème a été adopté sur le tard, en 1884. Nous en avons vu des centaines en quelques dizaines de kilomètres sur la route de Caraquet, le centre de gravité de l'Acadie moderne.
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Un après-midi dans le Dévonien
Sur la photo, cela n'a l'air de rien, mais vous êtes face à un site classé au patrimoine mondial par l'Unesco. Balade transpirante samedi après-midi au bord de la bien-nommée Baie des Chaleurs, pour explorer le parc national de Miguasha, un trésor pour les scientifiques amateurs de fossiles; la falaise abrite en effet des myriades d'animaux et plantes emprisonnés dans la pierre il y a 370 millions d'années, alors que cette région, par la grâce de la dérive des continents, se trouvait dans une zone tropicale. Puisqu'on vous dit qu'on ne bronze pas idiots.
15 août 2011
Vauban des nations
Ah les perfides Anglois. Non contents d'avoir botté les fesses de Montcalm et d'avoir conquis le Canada français en un tournemain en 1760, ils sont allés jusqu'à copier les plans de notre Vauban national pour ériger les défenses de la citadelle de « Québec City »! Visite guidée ce mercredi entre redoutes, barbacanes et échauguettes de la forteresse qui surplombe la ville. Toujours occupée par le 22e régiment canadien, le seul 100% francophone, la zone ne se visite qu'avec un guide, et vaut le déplacement. Très belles vues sur la ville, objets militaires en pagaille (des croix de Victoria, un tank Sherman, et même la casquette à visière du maréchal Foch!) et cours d'histoire accéléré de la région. Nous avons eu la chance d'assister à la relève de la garde en grand uniforme, en tout point comparable à celle de Buckingham Palace, même si leurs rangs étaient moins fournis.
Du nouveau avec du Vieux-Québec
Etrange impression qui se dégage de notre première incursion dans Québec, le 1er août au soir, après quasiment 1 300 km de route plein nord depuis Washington: une ville ceinte de remparts, des maisons de pierre de taille datant pour certaines du XVIIIe siècle, des ruelles piétonnes et pavées, des terrasses de cafés... Ne serait-ce le côté très poli et léché (pas une lézarde, peintures impeccables, pierres alignées), on se croirait dans le centre d'une ville française. Rien à voir en tout cas avec ce que nous avons pu parcourir depuis six ans aux Etats-Unis. Et pour cause. Les Français s'étaient déjà installés depuis 12 ans à Québec, en contrebas du Cap-Diamant dominant le Saint-Laurent lorsque les pères pèlerins du Mayflower débarquèrent dans la région de Boston, plus au sud, pour commencer à fonder ce qui deviendrait 160 ans plus tard les balbutiants Etats-Unis d'Amérique.
Chambly
Petite escale historique dès le début de notre séjour québécois, par le Fort Chambly dans la vallée du Richelieu, cet affluent du Saint-Laurent qui fut un couloir stratégique à l'époque des guerres indiennes, puis des guerres anglo-françaises, puis des guerres anglo-américaines... Autant dire que cette place forte a vu passer pas mal d'envahisseurs et que la structure actuelle n'a plus grand chose à voir avec celle qui fut érigée au XVIIe siècle par les maudits Français. Intéressante exposition à l'intérieur sur les conditions de vie des garnisons à différentes époques, agrandissement de parasites corporels compris. Rude, la vie dans les colonies. Et encore, nous voyons l'endroit début août, quand les rapides voisins ne charrient pas de glaçons...
22 févr. 2011
Le dieu Chat
KEY WEST, Floride - Triste nouvelle : Liz Taylor n'est plus. Sa dépouille repose dans le cimetière aménagé sous les arbres derrière la maison d'Hemingway. La petite chatte était l'un des nombreux félins dont raffolait l'auteur. Pas n'importe lesquels : ces animaux avaient six griffes à chaque patte. Le journaliste-écrivain les fit se reproduire tant et si bien qu'aujourd'hui encore 44 de leurs descendants règnent en maître sur la maison. Ils portent tous des noms de célébrité, nous avons eu l'honneur de faire la connaissance de Gary Cooper. Et si jamais vous êtes allergiques, pas besoin d'avaler une tablette de Zyrtec : une webcam vous permet de suivre leurs faits et gestes 24 heures sur 24.
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