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10 mars 2012

Mississippi driving

MEMPHIS, Tennessee - Nous sommes arrivés tard ce samedi soir à Memphis, la Terre promise du blues, après une grosse journée de route depuis La Nouvelle-Orléans, 750 km au bas mot. L'Etat du Mississippi est en effet aussi long à traverser qu'à épeler, d'autant plus que nous n'avons pas résisté à l'envie d'un petit crochet par Baton Rouge, la capitale de Louisiane, histoire d'attraper la Highway 61, qui relie Chicago à "Nawlins" et que Bob Dylan revisita. Elle traverse en particulier Natchez, une petite bourgade en damier aujourd'hui assoupie, mais qui fut à la grande époque des plantations l'une des villes les plus riches des Etats-Unis, grâce au négoce du coton mais aussi des esclaves. Quelques somptueuses demeures rappellent ce passé prospère, ainsi qu'un tout petit bout de village au bord du fleuve Mississippi en contrebas, avec l'inévitable bateau à aubes transformé en casino-restaurant (photo). Le village était auparavant installé sur les berges de la troisième voie d'eau du monde, mais le monstre a grignoté la terre et il ne reste plus qu'un saloon et une rue de cet ancien port stratégique. Ce sont les français qui l'ont fondé, aux dépens des indiens Natchez qui peuplaient la région. Après la 61, nous avons récupéré la "Natchez Trace", l'une des routes pittoresques gérées par le service des parcs nationaux et vierges de toute zone industrielle; un vrai repos pour nos yeux de voyageurs.

Highway 61, Psaume 23


















"L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien."

9 mars 2012

Ondées sur Nawlins

Si vous prononcez le nom de La Nouvelle-Orléans en anglais "NiouHorlins", c'est que vous n'êtes pas du coin. Les autochtones disent "Nawlins". Pour notre dernière journée dans la belle du Sud, nous avons arpenté les ruelles du Vieux Carré, de la place Jackson (photo) centrale aux rues Royale et des Ursulines en français dans le texte. Arrêt aussi au Presbytère, le musée de la ville dont le rez-de-chaussée présente une exposition terrible sur l'ouragan Katrina, qui s'était abattu sur la ville fin août 2005. Le quartier français avait été épargné par la montée des eaux mais les autres n'avaient pas eu la même chance. Ce vendredi, alors que les fêtards emplissaient déjà Bourbon Street dès l'heure du goûter, titubant entre deux abreuvoirs, nous nous sommes régalés de balcons chantournés, de vieilles pierres pleines d'âme et de magasins raffinés. Le temps s'était mis au gris mais nous sommes passés entre les gouttes.

Au moins c'est clair

La Nouvelle-Orléans, une ville d'histoire et de salvatrice autodérision!

8 mars 2012

Ca sent comme là-bas, dis!

LA NOUVELLE ORLEANS, Louisiane - Première réelle incursion ce jeudi dans le "Vieux Carré", le coeur historique de La Nouvelle-Orléans. Très belles maisons évidemment, avec leurs balcons en fer forgé, mais aussi des bars et des pièges à touristes à gogo, où les margaritas, daïquiris et mint juleps convainquent les visiteurs que chez les créoles, la fête est plus folle. Mais ce qui nous a le plus frappés, c'est que La Nouvelle-Orléans, contrairement à pas mal d'autres villes américaines aseptisées, est un endroit qui sent fort. Ce bouquet d'égoût, de cuisine épicée, de poussière d'hydrocarbures et de jus de poisson rance qui est aussi celui de certaines médinas d'Afrique du Nord, nous l'avons pris en plein dans les narines en parcourant les rues Bourbon, Royale et Sainte-Anne. Des escales obligées par les beignets du Café du monde, les berges surélevées du Mississippi et la place Jackson, dont la statue équestre ressemble comme deux gouttes de tafia à celle qui orne le square devant la Maison Blanche à Washington, nous ont déjà séduits et nous poursuivrons demain notre exploration.

Pauvres bêtes

La gastronomie louisianaise est connue pour son audacieuse alliance de mets acadiens, tenant bien au corps donc, et de saveurs caraïbes épicées. Un touriste doit être prêt à quelques surprises avant de commander le menu du jour. Mais de là à accepter de voir atterrir dans son assiette des "charbroiled oysters" (huîtres grillées au charbon de bois)...

Le monstre du bayou

Après les dizaines d'alligators que nous avions admirés dans les Everglades en Floride l'année dernière, nous étions sans doute un peu blasés, mais nous aurions été très déçus de ne pas apercevoir leurs cousins louisianais à l'occasion de notre escapade dans les bayous. Bilan, pas mal de jeunes "gators" prenant le soleil sur le tapis végétal qui recouvre une grande majorité des bras d'eau du parc Jean-Laffite, mais aussi un beau bestiau d'au moins 2,5 mètres de long au milieu d'un canal. Ces bêtes sont moins dangereuses que les crocodiles, mais nous n'avons pas regretté de posséder une fonction "zoom" sur notre appareil photo!

French not dead

La francophonie en Louisiane n'est plus que résiduelle, même si nous avons croisé quelques Américains qui se débrouillaient très bien dans notre langue. En revanche, la toponymie a gardé toute sa saveur, plus de deux siècles après la cession du territoire par Napoléon, et c'est ainsi que l'on croise le village "Des Allemands", la base militaire de "Belle Chasse"... et ce bayou "Des Familles"!

We love bayou

BARATARIA, Louisiane - "Born on the baaaayou!" La musique de Creedence Clearwater Revival, un groupe qui n'a rien de louisianais d'ailleurs, nous a trotté dans la tête ce jeudi alors que nous explorions les bayous Ségnette et Coquille, dans le parc national Jean-Laffite au sud de La Nouvelle-Orléans. C'est un monde mystérieux d'eaux troubles dont dépassent des têtes d'alligators, de racines aériennes de cyprès, et de touffeur heureusement sans moustiques en ce début de printemps. Nous avons marché quelques kilomètres sur des pontons suspendus entre marécages et mousse espagnole, ces plantes en forme de barbichette qui descendent des branches dans le Sud. Une pensée émue aussi pour les Européens qui avaient entrepris de parcourir cet environnement hostile aux premières heures de la colonisation...

7 mars 2012

Quelle Vacherie

LA NOUVELLE-ORLEANS, Louisiane - Nous voici arrivés en terre promise, au bout de longues autoroutes bordées de pins puis de marécages: la Louisiane, qui n'est plus française depuis 209 ans mais a gardé de nombreuses traces de l'époque où la langue de Voltaire faisait autorité dans le tiers central des actuels Etats-Unis. Dans la commune au doux nom de Vacherie, est sise cette propriété hollywoodienne, l'"Oak Alley Plantation" dont l'allée de chênes tricentenaires vaut à elle seule le voyage. L'endroit se visite avec une guide en costume d'époque, dans un Sud romantique reconstitué et sans doute un peu idéalisé. Les quartiers des esclaves, qui avaient disparu, vont être reconstitués paraît-il, pour donner une image plus complète du passé. Au milieu du XIXe siècle, des dizaines de plantations se succédaient au bord du fleuve Mississippi, de La Nouvelle-Orléans jusqu'à Natchez. Aujourd'hui, ces propriétés, du moins celles qui restent, font figure d'enclaves enchantées: le développement du territoire au nom du dieu Pétrole a en effet défiguré une grande partie des abords du fleuve, entre raffineries, usines pétrochimiques et même une centrale nucléaire...

27 févr. 2012

Riding South

En avant la musique! Après une escapade canadienne l'été dernier, ce neuvième épisode des aventures "Farouest" nous replonge au coeur de l'Amérique, en l'occurrence le "Vieux Sud" à l'histoire fascinante et agitée, voire française. En route en effet vers La Nouvelle-Orléans ("baby please don't go...), via "Hot'lanta", "Sweet Home Alabama", "Crossroads", "Memphis Tennessee" et la "Nashville Skyline", autant d'endroits où le blues surchauffe, le bluegrass s'envole et le rock s'agite. Quinze jours au pays d'Elvis Presley, de Hank Williams et de Louis Armstrong... mais aussi évidemment sur les traces de la douloureuse lutte pour les droits civiques, dans une région durablement marquée par la Guerre de Sécession et les marches de Martin Luther King. Comme d'habitude, nous essaierons de mettre à jour ce blog au fur et à mesure de nos déambulations, qui démarrent samedi 3 mars.
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