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2 avr. 2013

Texas (suffit)

AUSTIN, Texas. Nous voici revenus à la case départ en ce lundi soir, après 11 jours de divagations sur les routes du Texas et du Nouveau-Mexique. Demain mardi un avion nous ramènera vers la région de Washington. Bilan globalement positif pour ce 11e road trip. D'abord, la météo nous a été très favorable, pas une goutte de pluie et des températures chaudes sans être insupportables qui nous ont permis de pique-niquer quasiment tous les midis. Les Texans en général et les personnels des sept parcs, monuments et autres sites historiques nationaux que nous avons arpentés ont toujours été charmants, bien loin de l'image de rednecks intolérants et armés jusqu'aux dents que les habitants de cette région se voient donner par les snobs de la côte Est ou de Californie.
Nous avons vu des endroits magnifiques, comme Big Bend et les stupéfiantes dunes de White Sands, et ressenti de près l'influence hispanique - linguistique et culinaire - dans ces régions frontalières du Mexique. Le problème du Texas, c'est sa surface! Plus grand que la France (on le saura...), l'Etat se mérite et nécessite de longs trajets routiers: 2 410 miles soit 3 850 km en une semaine et demie, c'est à peine raisonnable. En post-scriptum photographique, ce panneau qui ponctue les routes du Lone Star State: "Ne salissez pas le Texas", une campagne de propreté publique qui a connu un gros succès car l'expression peut aussi se comprendre par "Le Texas, il ne faut pas le chercher". Nous l'avons trouvé!

30 juin 2012

Le scandale des vrais chiffres du bilan qu'on vous cache

DENVER, Colorado. Retour à notre camp de base de Denver, la capitale du Colorado, ce vendredi, avant de reprendre l'avion pour la côte Est demain matin. Nous avons pour la quatrième fois franchi les Rocheuses, et abouti dans les hautes plaines du Midwest, au pied de la chaîne de montagnes actuellement ravagée par des incendies de forêt. Il plane d'ailleurs sur l'agglomération une nébulosité tenace qui semble provenir de ces sinistres. Nous avions à l'origine prévu de visiter la région de Colorado Springs, avec Pikes Peak, la plus haute route des Etats-Unis, et le "Jardin des Dieux", un parc connu pour ses roches aux formes grandioses, mais toute la zone est en état de catastrophe. D'où un grand détour par le Canyon Noir jeudi, synonyme de 1 000 kilomètres supplémentaires inscrits à notre compteur. En trois semaines, nous avons donc parcouru 7 615 km, battant malgré nous (si, si) notre record du printemps 2009, quand nous avions relié Los Angeles à Seattle et retour... en un mois. Bref, beaucoup de voiture, 105 heures, nous dit l'ordinateur de bord de notre auto de location, dont le propriétaire va sans doute se mordre les doigts de nous avoir accordé un forfait de kilométrage illimité. Nous vous rassurons, elle n'est pas sur la photo ci-dessus!
Nous avons visité huit Etats (Colorado, Wyoming, Nebraska, Dakota du Sud, Dakota du Nord, Montana, Idaho et Utah) dont trois nouveaux en famille (les Dakota et le Nebraska) et parcouru 12 parcs ou monuments nationaux. Nous avons roulé à 3 900 mètres d'altitude et exploré des grottes à 60 mètres de profondeur, grelotté à moins de 10°C dans le Montana et transpiré sous plus de 36°C dans l'Utah, mangé des pique-niques dans des oasis de haute montagne et fréquenté des bouis-bouis du fin fond du Far-West, aperçu des quantités impressionnantes de bêtes sauvages dont une belle série de grizzlis et d'ongulés. Nous avons retrouvé avec plaisir un Ouest très prodigue. Nous nous sommes promis d'y revenir une dernière fois, sans doute l'année prochaine. A bientôt!

27 juin 2012

Embouteillage champêtre au Colorado

ESTES PARK, Colorado. Nous sommes de retour depuis deux jours dans notre Etat d'arrivée, au coeur des montagnes Rocheuses. Nous avons abordé la chaîne par la face occidentale, nous élevant progressivement à 2 500 mètres et plus, dans un paysage semi-aride où, au détour d'un virage, nous avons été ralentis par un embouteillage provoqué par des centaines de moutons. Encadrés par un berger à cheval et une dizaine de chiens, dont la moitié de chiots, ils traversaient nonchalamment la nationale. Un spectacle insolite au pays des zones commerciales infinies et des autoroutes toutes droites. Alors, c'est beau le Colorado? "Mêêê oui!"

24 juin 2012

Hello, goodbye, hello!

MANILA, Utah. Nous avons quitté aujourd'hui le Wyoming, Etat cow-boy s'il en est, après près d'une semaine passée à sillonner ses parcs.
Yee-haw!
Arc de triomphe, version cow-boy en bois de cerf (c'est une manie)
Garez-vous là, sinon...
Nous sommes entrés ce soir en Utah, mormon et sobre de son état...
Ils sont à droite, mais au moins ils croient à l'évolution...

15 juin 2012

L'hiver n'avoue (toujours) pas sa défaite

EAST GLACIER, Montana. Rassurez-vous: le temps est au grand beau et nous avons même mangé en terrasse ce soir, chauffés aux rayons du soleil déclinant au dessus des Rocheuses septentrionales. Non, nous parlons de ce qui se passe en altitude. Comme il y a quatre ans au Yellowstone, les régions les plus élevées du parc du Glacier - au pied duquel nous bivouaquons ce vendredi soir - ont reçu la semaine dernière quelque 40 cm de poudreuse fraîche, et la route dite "Going to the Sun" qui traverse le parc reste fermée à la circulation jusqu'à la semaine prochaine. Nous en serons quittes pour un petit détour de plus après-demain pour rejoindre le versant ouest du parc. Demain, nous pensons nous dérouiller les jambes dans les multiples sentiers de randonnée que la région offre. Car ce vendredi a surtout musclé le pied droit du conducteur, avec 600 km de plus avalés entre Billings et le nord-ouest du Montana, un Etat décidément aussi énorme que majestueux.

On garde le rythme

BILLINGS, Montana. Nous sommes entrés ce midi dans le Montana, le 6e Etat de notre parcours, au bout de déjà 2 500 km de route en cinq jours, ce qui n'est guère raisonnable. Le rythme ne devrait pas se calmer demain car nous remontons vers le parc du Glacier, à la frontière canadienne. Le solstice d'été tout proche nous offre de très longues journées, et nous en avons profité ce matin pour aller faire une randonnée dès 7h30 dans le sud-est du Roosevelt national park (photo). Une vraie découverte celui-là! Temps idéal pour l'instant: journées à 25°C propices aux pique-niques, et nuits fraîches.

14 juin 2012

So bad it's good

PARC NATIONAL DES BADLANDS, Dakota du sud. "Tellement mauvais que c'en est bon". Visite mardi du "Parc national des mauvaises terres", dont le patronyme fut inspiré par le dépit des colonisateurs européens qui eurent à traverser ces étendues désolées, friables et infestées de serpents à sonnettes dans leur route vers l'Ouest. Conséquence aussi lointaine que bizarre de sédimentations, éruptions et érosions à répétition, l'endroit prend par moment des allures de Cappadoce, avec ses petites falaises ravinées. Mais en contrebas, ce sont les immenses hautes plaines sur lesquelles broutent des dizaines de bisons, gambadent des antilopes et farfouillent nos amis les chiens de prairie.

10 juin 2012

Bison futé et circulation fluide

Au bout d'étendues à périr d'ennui, en particulier au Nebraska, la récompense: le retour des bisons en liberté dans notre champ de vue après quatre ans d'absence. Cet ongulé est sans doute le lointain descendant des individus réintroduits dans la région des Black Hills au Dakota du sud, sous l'égide du formidable président Theodore Roosevelt, qui s'était rendu compte des ravages quasiment irréversibles commis sur l'écosystème des hautes plaines nord-américaines par les Buffalo Bill et autres sanguinaires de routine. L'endroit s'appelle Wind Cave National Park et nous sommes tombés sous son charme.

Mornes plaines

RAPID CITY, Dakota du Sud. On nous a menti. Les Etats-Unis ne sont ni complètement civilisés, ni même conquis. La grande majorité des 600 km d'autoroute, de nationale et surtout de départementale entre Denver et Rapid City, notre base des trois prochains jours, s'est en effet déroulée au milieu de l'enfer vert, celui des hautes plaines du Midwest. Pas un chat à l'horizon, des milliers de vaches en revanche, et à l'infini, des ondulements de paysage à peine ponctués de fermes tous les 40 km. Pas un McDo en deux heures de route, c'est sans doute un record de mémoire de rôde-tripeur.

16 mars 2012

Arrivées d'air chaud

BETHESDA, Maryland - Nous sommes rentrés au bercail ce vendredi soir, délaissant l'accueillant Tennessee pour notre Maryland d'adoption, où, profitant d'un hiver très clément, les arbres bourgeonnent à qui mieux mieux, une explosion de couleurs qui nous a accompagnés à travers l'ouest verdoyant de la Virginie (photo). Il nous a fallu huit heures et demie pour parcourir 750 km de route, qui sont venus s'ajouter au 3 700 et quelques précédents dévalés en 14 jours. Des vacances mobiles menées tambour battant, donc, à un rythme de 340 km quotidiens en moyenne, ce qui est bien trop pour qualifier notre escapade de reposante. Un week-end ne sera pas superflu pour nous en remettre!
En deux semaines, nous avons vu de très belles choses, goûté à la gentillesse des Américains du Vieux Sud (ainsi qu'à leur cuisine roborative) et visité des lieux mythiques qui ont tenu leurs promesses. Nous retenons la Nouvelle-Orléans pour son quartier français et ses plantations, Memphis et Nashville pour la musique, et le Mississippi pour l'appel des Rocheuses... auquel nous avons prévu de succomber dans trois mois pour un énième "road trip" où il sera question de glaciers, de grizzlys et de dinosaures, très loin donc des embouteillages de la "Beltway", le périphérique de Washington que nous avons retrouvé sans plaisir particulier. Rendez-vous ici début juin pour davantage de détails.

14 mars 2012

Ouh, les tricheurs!

Depuis bientôt sept ans que nous parcourons les routes d'Amérique du Nord, nous avons développé quelques idées fixes, parmi lesquelles la vaine ambition de visiter la plus grande quantité possible d'Etats américains. En arrivant à Memphis, nous avons pu accrocher le Tennessee à notre tableau de chasse, notre 33e Etat sur 50. Une rapide étude de la carte de la région nous a fait remarquer que la route vers Nashville, la capitale du Tennessee, pouvait être avantageusement courbée vers le nord (au prix d'un léger détour), et nous faire passer par... quatre nouveaux Etats! Voici donc, dans l'ordre..































Et l'explication du tour de passe-passe:
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10 mars 2012

Mississippi driving

MEMPHIS, Tennessee - Nous sommes arrivés tard ce samedi soir à Memphis, la Terre promise du blues, après une grosse journée de route depuis La Nouvelle-Orléans, 750 km au bas mot. L'Etat du Mississippi est en effet aussi long à traverser qu'à épeler, d'autant plus que nous n'avons pas résisté à l'envie d'un petit crochet par Baton Rouge, la capitale de Louisiane, histoire d'attraper la Highway 61, qui relie Chicago à "Nawlins" et que Bob Dylan revisita. Elle traverse en particulier Natchez, une petite bourgade en damier aujourd'hui assoupie, mais qui fut à la grande époque des plantations l'une des villes les plus riches des Etats-Unis, grâce au négoce du coton mais aussi des esclaves. Quelques somptueuses demeures rappellent ce passé prospère, ainsi qu'un tout petit bout de village au bord du fleuve Mississippi en contrebas, avec l'inévitable bateau à aubes transformé en casino-restaurant (photo). Le village était auparavant installé sur les berges de la troisième voie d'eau du monde, mais le monstre a grignoté la terre et il ne reste plus qu'un saloon et une rue de cet ancien port stratégique. Ce sont les français qui l'ont fondé, aux dépens des indiens Natchez qui peuplaient la région. Après la 61, nous avons récupéré la "Natchez Trace", l'une des routes pittoresques gérées par le service des parcs nationaux et vierges de toute zone industrielle; un vrai repos pour nos yeux de voyageurs.

Highway 61, Psaume 23


















"L'Éternel est mon berger: je ne manquerai de rien."

3 mars 2012

Garde à vous

CHAPEL HILL, Caroline du Nord - C'est reparti, et bien parti. Une dégringolade de 400 km vers le sud et nous voici en Caroline du Nord, "l'Etat qui aime le plus les militaires", comme il est écrit sur le panneau d'accueil. Déjà le paysage a changé: les pins ont remplacé les érables, et des bourgeons timides commencent à ponctuer les bosquets. Nous faisons étape ce soir dans la conurbation de Raleigh-Durham-Greensboro où est installée la prestigieuse université de Duke. L'endroit est en transe ce soir car l'équipe de basket locale est en train de se faire étriller par l'université publique voisine dans un derby apparemment d'anthologie. Nous franchirons demain 600 km de plus vers Atlanta en Géorgie, en espérant passer entre les gouttes d'une grosse perturbation qui remonte du golfe du Mexique.

28 août 2011

Dans les bras d'Irène

BETHESDA, Maryland - Nous avons survécu à l'ouragan Irène! Décidés à rentrer le plus vite possible, nous avons relié le Canada au Maryland en une grosse journée, le défi étant d'éviter la zone de New York, en pleins préparatifs avant l'arrivée du cyclone. Chemin des écoliers donc, via Boston, Albany et le centre de la Pennsylvanie, sous des trombes d'eau. Irène était au large de la Virginie voisine lorsque nous nous sommes enfin garés devant chez nous vers 1h30 du matin, après 1 600 km d'une traite et quelques rafales latérales. Pas de gros dégâts apparents dans le quartier mais beaucoup de feuilles d'arbres jonchant les rues. Un peu sonnés, nous nous réadaptons à la vie sédentaire, des souvenirs canadiens plein la tête. Ce blog suspend son vol, jusqu'à la prochaine fois.
P-S: en 27 jours, nous avons roulé 7 916 km.

26 août 2011

Veillée d'armes


SAINT JOHN, Nouveau-Brunswick - Le Canada nous a offert une météo fantastique pendant ces quatre semaines: seulement deux jours vraiment pourris, du soleil et des températures entre 25 et 30°C la plupart du temps, on en redemande! Surtout que nous nous attendions à être bien douchés. Mais, grande ironie, alors que nous nous apprêtons à rentrer au bercail, voilà que le premier ouragan à menacer la Nouvelle-Angleterre depuis sept ans se dresse entre nous et la région de Washington! Il va falloir ruser avec le monstre, c'est à dire prendre quelques chemins de traverse, pour éviter les vents de plus de 100 km/h que l'on nous promet pour dimanche et lundi du côté de la côte nord-est. La solution devrait être de contourner New York très au nord-ouest, en espérant que des centaines de milliers d'Américains n'auront pas eu la même idée que nous. En photo, prise depuis la voiture entre la Nouvelle-Ecosse et Saint John, la grande ville du sud du Nouveau-Brunswick, ce n'est évidemment pas l'ouragan "Irene", mais ce nuage à l'allure de champignon atomique nous a semblé bien résumer la situation!

24 août 2011

Ferry-quiqui


Curiosité sur la route du Cap-Breton ce mercredi. Nous avons emprunté ce qui est sans doute l'une des lignes de ferry-boats les plus courtes du monde: 200 mètres à tout casser entre Englishtown (anciennement Fort-Dauphin, village de pêcheurs fondé par les Français en 1597, mais oui), et la rive opposée. Mais pourquoi n'y a-t-il pas de pont? Sur la photo, le ferry, qui peut transporter 15 voitures à la fois, est de l'autre côté!

Cabotinage



Nous ne sommes pas du genre à nous vanter, mais nous avons vu de fort jolies choses ce mercredi dans l'île du Cap-Breton. Le "Cabot Trail", du nom de l'exporateur John Cabot (en fait, un Italien, Giovanni Caboto!), est en effet considéré comme l'une des plus belles routes du monde, qu'il faut avoir parcouru si l'on veut prétendre au badge de "rôde tripeur". La route, entre panoramas à couper le souffle et incursions dans de petits villages de pêcheurs aux maisons en bois de couleurs vives, est en effet superbe, mais très longue: partis de Sydney à 9H00 du matin, nous y sommes revenus à 22H00, 400 km supplémentaires dans les moyeux. Heureusement, nous n'avons pas fait que rouler: trois balades dans le "Cape Breton Highlands National Park", au bord de lacs ou de torrents, nous ont oxygéné les globules, et le village acadien de Chéticamp, à la sortie du parc sur la côte occidentale de l'île, nous a offert un dîner au homard, la grande spécialité du Nord-Est. La journée s'est achevée sur un somptueux coucher de soleil sur le golfe du Saint-Laurent. Le Canada nous gâte, comme pour se faire regretter.

23 août 2011

Route 104 pour Sydney


SYDNEY, Nouvelle-Ecosse - Gros après-midi de route ce mardi pour relier Moncton au Nouveau-Brunswick à Sydney en Nouvelle-Ecosse, plus précisément dans l'île du Cap-Breton où influences acadienne et écossaise se mêlent dans un charabia toponymique gaélico-poitevin; on passe au large de "l'Isle Madame" et de "River Bourgeois", mais aussi de "Loch Lomond" (oui, le whisky du capitaine Haddock!) et "Ben Eoin". Nous avons retrouvé la route transcanadienne, qui porte ici le numéro 104, et même commencé à voir des véhicules arborant des plaques d'immatriculation "Labrador Newfoundland" (Terre-Neuve). C'est en effet de Sydney que partent les ferries pour la légendaire île des pêcheurs. Pas de grande traversée pour nous cette fois-ci. Nous allons explorer demain la terre ferme alentour, vers le parc national voisin. Ce soir, nouveau beau cadeau du Canada prodigue avec un coucher de soleil sur le lac du Bras d'Or (photo), étendue d'eau saumâtre au centre de l'île, au sud de Sydney.

21 août 2011

Encore un piège à touristes


PERCE, Québec - Heureux les habitants de Percé en Gaspésie, à qui la nature a offert un beau rocher doté d'une arche majestueuse, juste en face de l'office de tourisme, de 40 motels et d'autant de rabatteurs pour des croisières! Nous sommes passés en coup de vent samedi matin dans ce village-rue, le temps de prendre quelques photos du caillou enrobé d'une brume matinale.