31 mai 2009

Le retour


WEST HOLLYWOOD, Californie.
Nous sommes biens rentrés ce samedi après-midi après 7 495 km (gargl!) de voyage du Sud de la Californie au nord de l'Etat de Washington, et retour. Un peu rincés par la dernière ligne droite et toutes les précédentes, nous remettons l'appartement en route et décochons la case "Nomade" dans notre configuration, et aurons de nouvelles photos pour vous dès que possible.

28 mai 2009

Goûtons voir


VALLEJO, Californie.
Ca sent l'écurie; nous voici à Vallejo, au nord-est de San Francisco, soit à six heures de route de Los Angeles. Mais avant de replonger dans notre quotidien hollywoodien, nous avons encore à rendre hommage à un autre secteur d'activité qui fait la réputation de la Californie: son vin! Visite donc ce mercredi du sud de la vallée de Sonoma, l'un des centres de la viticulture américaine avec la vallée voisine de Napa et la région de Santa Ynez au nord-ouest de Los Angeles. Nous ne sommes pas de grands fanatiques du vin de Californie, souvent chaptalisé ou "baptisé" pour plaire au plus grand nombre. Très fort en alcool, il donne rapidement mal à la tête. Mais la région est magnifique et nous espérons bien inspecter encore quelques chais jeudi matin (cliquez sur la photo, vous verrez que nous n'aurons que l'embarras du choix) avant de repartir vers notre dernière étape, le Yosemite.

Plus vieille la ville


Certes, ça ne vaut pas les remparts de Carcassonne, mais Sacramento possède un centre historique à la mesure de ce qui fut la deuxième ville de Californie et la porte d'entrée vers l'or de la Sierra Nevada au milieu du XIXe siècle. Sur plusieurs pâtés de maisons ce ne sont qu'immeubles en brique rouge ou en bois, impeccablement restaurés et dévolus pour la plupart à des magasins touristiques ou des gargotes. Mais certains abritent des résidences et même des cabinets d'avocat ou d'architecte. Petit détail qui vient gâcher un peu le tableau: l'autoroute six voies qui surplombe le quartier et le sépare du reste de Sacramento.

Le bureau d'Arnold


Passage en coup de vent mercredi à Sacramento, la capitale administrative de la Californie, à 150 km de San Francisco. C'est donc là que notre bien-aimé "gouvernator" Arnold Schwarzenegger officie. Lorsque nous sommes passés devant le Capitole, s'y déroulait une manifestation de handicapés apparemment furieux contre une législation les pénalisant. Vu l'état des finances de la Californie et le train d'impôts qui arrive à toute vapeur, l'ancien héros de Hollywood risque de se faire d'autres "amis" et de regretter ses plateaux de tournage.

Evadés au Nevada


Logeant au lac Tahoe à un pâté de maisons du Nevada, nous y avons effectué une petite escapade lundi soir, pour goûter aux buffets du casino Harrah's local. Le jeu est autorisé partout au Nevada, mais seulement dans les réserves indiennes en Californie, et les Nevadiens ont construit leurs casinos juste à la frontière. La preuve en image.

Point de vue, image de l'onde


Tahoe vu du haut des pistes de ski qui lardent les montagnes environnantes. Le câble est celui du mini-téléphérique que l'on emprunte pour atteindre 3 050 m d'altitude.

A bicyclette


Sous les frondaisons des pins au bord du lac Tahoe, les pistes cyclables étaient un peu embouteillées mais le temps splendide. Et un peu de sport à cette altitude n'a pu faire que du bien à nos globules rouges!

La Méditerranée en haute altitude

Etonnant lac Tahoe au bord duquel nous nous sommes attardés lundi: bien que situé à 2 200 mètres d'altitude, il prend des airs de Croatie ou de Turquie lorsque, le beau temps venu, les Californiens s'y baignent dans des eaux bleutées bordées de plages de sable fin. Pourtant, la température aquatique ne dépasse jamais 20°C, ce qui ferait déjà le bonheur des estivants en Bretagne.

25 mai 2009

Tahoe


SOUTH LAKE TAHOE, Californie.
Pardon pour ces quelques jours sans signe de vie, mais le wi-fi reste une denrée rare dans les parcs nationaux du nord de la Californie et les petits motels sis à leur proximité. Après de beaux gymkhanas sur les routes entre la chaîne des Cascades et la Sierra Nevada, nous voici arrivés au mythique lac Tahoe (prononcez "Tahou"), aux superbes eaux bleues cernées de forêts et de sommets encore bien enneigés.
Nous avons échoué dans un minuscule motel qui a dû faire la guerre de Sécession, mais le moral est bon à South Lake Tahoe, à quelques dizaines de mètres de la frontière du Nevada. Des casinos géants ont d'ailleurs poussé de l'autre côté du pâté de maisons. C'est toujours le week-end à rallonge du "Memorial Day" et le touriste a déferlé en nombre au bord du lac de 500 km2 où certains se baignent, apparemment insoucieux du caractère glaciaire de la région. Sans les imiter, nous comptons bien profiter de l'endroit ce lundi, à pied, à vélo voire en poussette. La voiture? C'est un peu l'overdose: en trois semaines nous avons roulé 6 000 km tout rond.

Ils en tiennent une couche


Pour les incrédules, un 24 mai en Californie. Environ 2 400 mètres d'altitude.

Oies et oisillons oisifs


Samedi midi, nous avons pique-niqué avec vue sur la faune.

Sortie de Lassen


Le parc national du Mont Lassen constitue un autre joyau de la chaîne des Cascades (dont font aussi partie les monts Rainier, Saint Helens, Shasta, Hood et le Crater Lake). Et vous l'aurez deviné, le Lassen est lui aussi un volcan. Malgré la canicule qui continue à régner (21°C à 2 000 mètres d'altitude, on en redemande!), une grande partie du parc reste ensevelie sous plusieurs mètres de neige et il est impossible d'emprunter la route qui le traverse avant au mieux la mi-juin. Heureusement, certaines balades sont parfaitement praticables au pied de ce géant de 3 200 mètres, comme le tour d'un petit lac sur lequel évoluent des oies et leurs petits, mais aussi des pêcheurs du week-end. La réglementation des parcs nationaux américains interdisant tout prélèvement, ne serait-ce que d'une pomme de pin, seuls "catch and release" (pêcher et relâcher) sont autorisés.

C'est quoi le KOA?


Le KOA, c'est une chaîne de campings tentaculaire. Dans chaque Etat il existe au moins une dizaine de "Kampgrounds of America", des terrains toujours très propres, bien équipés (jeux pour enfants, piscine, wi-fi...) et dont les gérants sont souvent accueillants. Parfois trop: vendredi soir à celui du Mont Lassen près de Shingletown, "Al" nous a lancé, limite hystérique: "Allez, c'est enfin le Memorial Day, je veux voir un sourire sur votre visage!"
Ce à quoi nous avons répondu, comme des Français arrogants (pléonasme) et forts de leurs acquis sociaux de 1936 et 1981: "vous savez, cela fait déjà trois semaines que nous sommes en vacances!" Au KOA, ils en restèrent cois.
Notre dernière expérience de KOA s'était assez mal passée, fin 2006 dans l'Utah, car Robert le catcat nous fondit un fusible dans le fin fond de cet Etat déjà reculé. Mais cette fois-ci, tout s'est bien déroulé et nous avons bien profité de notre "Kottage", une petite cabane en bois tout confort. Car le KOA n'est pas sectaire et vous accueille même si vous n'avez pas de camping-car de la taille d'un autobus tractant un 4x4 ou de caravane dépliable occupant 40 m2 au sol.
Sur la photo, avec en arrière-plan notre "Kottage", notre occupation matinale et répétitive: entasser nos 2 m3 de bagages dans notre peu pratique Chevrolet Equinox de location.

Mont Shasta


4 322 mètres.

Le week-end mémorable


Le week-end prolongé du "Memorial Day" marque fin mai le début officiel des vacances d'été, ou du moins de la saison touristique de plein air pour les Américains dont beaucoup ne prennent que deux ou trois semaines de congés par an. Et comme le gouvernement fédéral a tout prévu, de nombreuses zones du territoire sont dévolues à la "recreation". En clair: piloter des gros trucs qui font du bruit sur terre, sur mer ou sur pièce d'eau, comme nous l'avons vu dès vendredi au bord du Lac Shasta dans le nord de la Californie.
Malgré la sécheresse visible sur la photo, pieds dans l'onde à côté de leurs pick-ups tirant des remorques bourrées de glacières elles-mêmes chargées de packs de bières Budweiser, les Américains savourent leur temps libre à la manière, sans doute magnifiée, de leurs glorieux ancêtres qui pénétrèrent ces terres rugueuses dans l'espoir d'offrir à leur descendance un avenir meilleur.

Fleuves de lave dans tunnels


Etonnante découverte jeudi dans le "Lava Beds National Monument". Dans l'extrême nord de la Californie, un volcan a connu des éruptions intermittentes depuis au moins un demi-million d'années. Mais contrairement à ses cousins Saint Helens et Rainier dans l'Etat de Washington, ce volcan n'explose pas. Il libère des fleuves de lave à écoulement très lent, laissant le temps à la couche supérieure de se solidifier tandis que la lave continue à s'écouler en sous-sol. Le résultat? Ces singuliers tunnels dans lesquels les visiteurs peuvent marcher, en faisant attention aux traîtres rochers (ouille!) et aux plafonds parfois bas (aïeu!) Les rangers fournissent les torches électriques mais pas les casques.
Bosselés mais heureux d'avoir parcouru ces boyaux, nous avons aussi appris que la région avait été le théâtre de deux faits assez peu glorieux de l'histoire récente des Etats-Unis.
D'abord, la guerre menée au début des années 1870 par les armées du président Grant contre les guerriers Modoc, tribu indienne locale qui résista à un contre dix pendant des mois grâce à sa connaissance du terrain et aux fameux tunnels, propices à la guérilla. Finalement vaincus, non sans avoir tué un général américain, les Modocs furent déportés dans des réserves de l'Oregon voisin, mais aussi de l'Oklahoma, à plus de 2 000 km de leurs terres ancestrales.
Ensuite, lors de la Seconde Guerre mondiale, la zone de Tulelake, ville voisine du parc, fut dévolue à un camp d'internement géant destiné à abriter les dizaines de milliers d'Américains d'origine japonaise, déclarés "ennemis intérieurs" par Franklin Roosevelt un mois après Pearl Harbor.

Americana


Tout au long de nos voyages aux Etats-Unis depuis 2006, nous avons effectué de nombreux et instructifs arrêts dans l'Amérique profonde, celle des pick-ups rouillés, des kilomètres de fil de fer barbelé gardant des troupeaux de centaines de vaches, et de loin en loin, des petites bourgades rurales, qui ont toutes ce goût d'Amérique perdue. Loin des "malls" et des autoroutes, ces endroits conservent en général trois choses: l'église, la station-service et la gargote servant des frites grasses dans un petit panier en plastique garni d'un papier à carreaux rouge et blanc, et des sodas bourrés de glaçons dans des verres en plastique cassants et souvent rayés. Voici par exemple Merrill, dernier arrêt en Oregon avant la Californie.

21 mai 2009

Et après, il reste des cratères


TULELAKE, Californie.
Grand détour qui le valait mercredi: le Crater Lake, unique parc national de l'Oregon, mais quel parc! Il était une fois le mont Mazama, un volcan culminant à 3 600 mètres d'altitude, qui dans un déchaînement cataclysmique, s'effondra sur lui-même il y a environ 7 700 ans. Lorsque les colons arrivèrent dans la région au milieu du XIXe siècle, la tradition orale des indiens (présents dans l'Oregon depuis plus de cent siècles) avait gardé trace de la catastrophe qui, non seulement décapita la montagne mais creusa un cratère de près de 600 mètres de profondeur. Les chutes de neige et l'évaporation ont fait leur office, et le lac, qui n'est alimenté par aucune rivière, est aujourd'hui le plus profond des Etats-Unis. Dans ses eaux sans rides se reflètent les berges abruptes de ce qui reste du Mazama, pour l'émerveillement des touristes. En cette fin de printemps, ces derniers sont encore rares, et pour cause; il tombe à Crater Lake quelque 15 mètres de neige par an et lorsque nous y sommes passés, seuls quelques tronçons de route avaient été déblayés par les rangers.

19 mai 2009

Période de transition

BEND, Oregon.
Grosse journée de route ce mardi, entre The Dalles et Bend, la grande ville du désert d'altitude au centre de l'Oregon. Après avoir remonté la vallée de la Columbia River, nous avons traversé la forêt nationale du Mont Hood, un autre volcan des Cascades qui culmine à près de 3 500 mètres et dont le pentes sont parsemées de petites stations de ski. Notre passage s'est effectué à l'intersaison, lorsque la pluie remplace la neige. 4°C dans les cols, mais nous avons retrouvé des températures décentes ce soir. Demain sera une autre paire de manches; à l'assaut du Crater Lake, un parc national qui semble toujours très enneigé.

Soigne ta chute


Arrêt pique-nique un peu humide près des Multnomah Falls, non loin de Portland dans l'Oregon. Le pont qui les enjambe et attire les plus imperméables des touristes semble avoir été posé là par un paysagiste japonais. Hauteur de ces chutes à un jet de pierre de la Columbia: 189 mètres, soit les plus hautes de l'Etat. Etant donné la débâcle et les précipitations récentes, nous les avons admirées alors qu'elles étaient en pleine forme. Nous espérons en voir autant au Yosemite, dans quelques jours.