12 mai 2009

Les coucous de Buck Danny




SEASIDE, Oregon.
Quand le temps se met au gris, les touristes compulsent fiévreusement les guides d'attractions locales et dans la région de Tillamook (Oregon), le choix peut se révéler limité. Heureusement, cette petite localité a joué un rôle important lors de la Seconde Guerre mondiale en abritant une base aéro-navale où étaient entreposés des ballons dirigeables destinés à la défense des côtes face à une éventuelle invasion japonaise.
Les dirigeables ont disparu mais leur abri a survécu. Et il s'agit rien moins que du plus gros hangar en bois du monde: plus de 300 mètres de long, 59 de haut et 90 de large, soit quelque 24 000 m2 aujourd'hui dévolus à l'exposition de vieux coucous, principalement de la période 1941-1945 comme les P-51 Mustang, hydravion Catalina ou encore DC-3/C-47 pilotés par le héros de bandes dessinées Buck Danny, mais aussi un Messerschmitt 109 du IIIe Reich ou un "zéro" japonais. Nous avons fait "vroooar" et "tactactac" à bord de simulateurs de vol et admiré la dextérité des artistes de l'armée de l'air quand il s'agit de décorer le fuselage de leurs terribles machines.

11 mai 2009

Un Etat sable



LINCOLN CITY, Oregon.
Le voyage vers le Nord se poursuit selon le rythme prévu, et à 2 000 km de Los Angeles, nous faisons escale ce dimanche soir dans la station balnéaire de Lincoln City, au milieu de la côte Pacifique de l'Oregon. L'endroit a comme un goût d'arrière-saison, avec ses restaurants fermés, ses hôtels quasi inoccupés et son maigre trafic sur la route côtière 101.
Aujourd'hui, nous avons effectué un court arrêt à Florence, grande ville de la région, et frontière entre les deux aspects de la côte: des plages à l'infini au sud, des falaises et des rochers au nord. La plupart des plages sont gérées par l'Etat.
Mais comme le pays vénère entre autres la déesse Bagnole, une partie de ces terres "protégées" sont en fait une "National Recreational Area", un terrain de jeux pour quatre-quatreux, motards ou pilotes de quads. Plusieurs zones identiques existent dans les déserts autour de Los Angeles, du reste.
Ce qui ferait en revanche plaisir aux amis de la nature, c'est la propreté relative de ces immensités sablonneuses; on croise beaucoup de souches et de bois flotté en se baladant, mais peu de déchets en plastique, de bouées crevées ou de morceaux de filets de pêche, au contraire de certaines côtes bretonnes. Il est vrai aussi que peu de bateaux cabotent le long des rivages de l'Oregon.
Note aux fidèles lecteurs: bientôt, promis, d'autres photos que maritimes. On comprend que ça lasse!

9 mai 2009

La côte, on en fait tout un plat


... et on a bien raison: depuis trois jours, chaque virage au bord du Pacifique suscite en nous une irrépressible envie de pousser un grand "wow". Les Américains n'ont apparemment pas encore réussi à dompter la totalité du territoire, car on croise finalement peu de monde et les villes sont plutôt minuscules. En revanche, les parcs d'Etat, aires de pique-nique, lieux historiques et belvédères se révèlent innombrables.

Le bac à sable des petits


Port Orford, sur la côte de l'Oregon.
(NB: les petits sont en bas, à gauche)

Trouvons le Nord


COOS BAY, Oregon.
Après 1 600 km de voyage en Californie, nous voici enfin dans l'Oregon, le pays des vagues géantes du Pacifique qui s'écrasent au bord de falaises immenses sur fond de forêts impénétrables où pullulent ursidés, cervidés et félins féroces de tout poil. Savez-vous qu'à cette latitude, nous sommes déjà plus au nord que New York? Si nous étions en Europe, nous aurions franchi la distance entre l'Andalousie et Brest. Autant dire que le climat a un peu changé: 15°C maximum en journée, vent du nord à 50 km/h (pique-nique glacial...)
Heureusement, le beau temps est toujours de la partie, même si les éléments ne devraient pas être aussi favorables dans les jours qui viennent. Au programme, remontée de la côte vers l'estuaire de la rivière Columbia, qui sépare l'Oregon de l'Etat de Washington.

Tsunami fidèle


CRESCENT CITY, Californie.
Riez, riez, mais nous n'en menons pas large ce soir à Crescent City, capitale californienne des tsunamis! Au bord de la route, des panneaux nous indiquent que notre situation n'est pas sûre, tandis que l'histoire locale fourmille de vagues plus ou moins menaçantes. En 1964, un tremblement de terre au large de l'Alaska avait provoqué une hausse brutale du niveau de la mer à la hauteur de cette petite ville, détruisant plus de 200 maisons. Mais rassurez-vous, nous quittons demain la Californie sismique pour l'Oregon sympathique.

Le pays pavé d'or


Lors de la ruée vers l'or californienne, en 1849, la rumeur promettait aux apprentis prospecteurs venus d'Europe et de la côte Est des rues pavées de métal jaune. A la hauteur de l'estuaire de la rivière Klamath, à 500 km au nord de San Francisco, c'était vrai: la falaise en bord de mer était striée de filons d'or et sur la plage se mêlaient grains de sable et paillettes de précieux métal. Evidemment, une exploitation industrielle se mit en place pour soutirer au paysage tout ce qu'il avait à donner, sauf sa beauté qui nous a violemment secoués 160 ans plus tard.

Vous reprendrez bien des cerfs?


C'est plus fort que nous: nous aimons les animaux, peut-être encore plus que les arbres. Dès qu'à un détour de parc national survient le panneau "wildlife viewing", nous obliquons vers le spectacle faunique, qui est presque toujours au rendez-vous. On ne louera jamais assez le sens de l'organisation des Américains qui ont réussi à fixer une harde de cerfs de Roosevelt (espèce endémique) à proximité de l'écomusée, de la boutique de souvenirs et autres commodités.

Séquoias

Depuis trois jours, nous mangeons du séquoia à toutes les sauces. Ce vendredi, nous avons effectué une escale dans un des rares endroits où ces arbres géants ont été préservés d'une exploitation en masse. C'est une ex-"première dame", Mme Johnson, qui en 1969 a "inauguré" le bosquet de colosses alors nouvellement protégé par l'Etat fédéral, administrateur du parc national des Redwoods. Une petite promenade dans les futaies nous a donné le sentiment d'être tout petits et vraiment jeunes!

8 mai 2009

Eurêka, j'ai trouvé un réseau!

EUREKA, Californie.
Après cinq jours de voyage, nous avons atteint Eureka, une des villes côtières du nord de la Californie, son air piquant et son arrière-pays de moyennes montagnes recouvertes de redwoods, autrement dits séquoias à feuilles d'if. Notre hôtel a enfin un wifi qui fonctionne, ce qui nous permet d'épuiser notre trop-plein de photos et de messages en souffrance.
Au fait, Eurêka est la devise officielle de la Californie, référence aux mineurs d'or qui avaient trouvé leur bonheur en ces terres au milieu du XIXe siècle.

Piège à touristes, bis


On le voit sur tous les guides touristiques, alors nous n'avons pas résisté à l'idée de passer sous le séquoia percé. Pour les amateurs, l'arbre mutilé au début du XXe siècle mais encore bien vivant est situé à Leggett, à environ 1 100 km au nord de Los Angeles.

Route numéro 1


Aux Etats-Unis, les routes et les autoroutes suivent un système de numérotation très logique: les axes nord-sud sont impairs, en démarrant de l'ouest, et les routes ouest-est sont paires, en démarrant du sud. Donc l'autoroute 10 est un axe ouest-est situé dans le sud du pays, tandis que l'autoroute 95 constitue la liaison nord-sud de la côte Est. Lisez ça deux fois et vous comprendrez. Bref, voici la route numéro 1, qui relie la frontière mexicaine à la canadienne, et que nous empruntons lors de notre voyage sur quasiment toute sa longueur, longe le Pacifique. Et elle est positivement renversante.

7 mai 2009

Piège à touristes


Lorsque l'on découvre une région, il faut sacrifier aux classiques des attractions locales, celles dont on se dit plus tard qu'elles étaient peut-être un peu survendues. Mais en même temps, les ignorer ne nous aurait pas laissé grand chose à raconter. Voici donc, sous un chaud soleil retrouvé (ouf!) nos aventures de jeudi: d'abord, dans l'arrière-pays de Fort Bragg, le "Skunk Train" (littéralement: "train putois") qui a pendant des décennies servi de ligne de vie aux exploitants forestiers, ceux qui ont débité les "redwood", ces résineux typiques de la région, pour entre autres reconstruire San Francisco après le tremblement de terre et l'incendie de 1906. Fait étonnant, un siècle plus tard, la forêt a cicatrisé: les arbres atteignent à nouveau des dizaines de mètres de hauteur. Plus de trois heures aller-retour à respirer le diesel et les pignons entre les futaies et les rivières en crue printanière, dans des wagons des années 1920 et donc "very" historiques.

Bouillons dans le brouillard

FORT BRAGG, Californie.
Voici le mois de mai, où les fleurs volent au vent, et où la brume baigne les côtes nord-californiennes comme une sauce béchamel la nouille esseulée au fond du plat.
Bref, l'on n'y voit goutte et la frustration gagne les voyageurs lorsque sur 300 km de route cotière et sinueuse, ils n'entraperçoivent que quelques conifères et une écume grisâtre de loin en loin. Donc peu de photos pour illustrer notre après-midi de mercredi, désolé!
Demain sera un autre jour, promet la météo nationale qui a intérêt a ne pas se tromper. Au fait, nous sommes a Fort Bragg, ville-rue a 15 km de la pittoresque Mendocino, terre de rudes bûcherons et de pêcheurs hardis, de daims timides et de résidences secondaires en pin maritime, avec vue dégagée sur la mer. Quand le brouillard va danser ailleurs.

Voici le paysage le plus grandiose de Californie


Manque de chance, on n'y voyait pas à cinq mètres. Ce sera pour dans une prochaine vie... Nous avons erré pendant deux heures à Point Reyes, promontoire promis comme magnifique sur le Pacifique par les guides touristiques. Par l'article alléchés, nous y allâmes, mais l'eussions nous su que nous ne serions pas venus!

Golden Gate


Mercredi matin, le temps était humide à l'entrée de la baie de San Francisco. Mais on n'avait encore rien vu...

San Francisco, ni soleil (au début)




Pour cette dernière visite à San Francisco avant un bon bout de temps, nous avons tout comprimé en une journée: cable cars, tramways, chocolat chez Ghirardelli, magasins de souvenirs, Chinatown et vieux gréements sur fond d'Alcatraz et de Golden Gate. Mais avant de faire nos touristes de base, nous avons aussi visité le musée de la Légion d'honneur, dans le palais du même nom, fort de collections de peintures flamandes, françaises et italiennes de toute beauté. Le plus impressionnant étant tout de même les statues allégoriques et les bustes de Rodin. Entre le musée Norton Simon de Pasadena, pres de Los Angeles, et celui-là, un sacré nombre d'oeuvres du grand Auguste se sont retrouvées sur la cote Ouest!
A noter que notre journée, qui avait commencé sous la pluie, a fini sous un beau soleil.

6 mai 2009

Le solarium des otaries


A Monterey, les "honk, honk" des otaries attirent les touristes à des centaines de mètres sur le "pier", la jetée touristiquée où l'on tente de fourguer de la barbe à papa et du "clam chowder", soupe épaisse de poisson, au vacancier en short. Nous sommes davantages contemplatifs que participatifs et avons admiré ces mammifères marins en plein effort.

4 mai 2009

Suivez-nous, c'est par là


Aujourd'hui, en route vers San Francisco via Big Sur, Carmel et Monterey. Le début des vraies aventures et des lacets sur la mythique route numéro 1.

What the phoque?

Sans doute motivée par le calme de cette côte protégée de l'appétit des promoteurs, une colonie d'éléphants de mer est venue s'installer sur la plage de Piedras Blancas à cinq kilomètres au nord de Cambria. Ils s'y sont trouvés tellement bien, qu'ils se reproduisent comme des lapins de garenne: 1 700 naissances par an rien que dans cette zone. Si les mâles présentent un aspect caractéristique avec leur tête... d'Elephant Man, les femelles ressemblent davantage à des otaries ou des phoques. Nouveau conseil aux successeurs: on ne dit pas "phoque" en public aux Etats-Unis... Et regardez un peu la surpopulation sur cette vidéo!

La route des vacances


CAMBRIA, Californie.
Première escale de notre dernier grand voyage dans cette petite ville à 350 km au nord de Los Angeles et dont le principal intérêt, outre son corridor d'hôtels et de restaurants, est de constituer l'antichambre du fameux Hearst Castle, demeure extravagante bâtie par le magnat de la presse W.R. Hearst, réputé avoir inspiré Orson Welles pour "Citizen Kane". Mais nous avons déjà vu l'endroit en 2007 et ne faisons que passer.
D'habitude, lorsque nous quittons Los Angeles à l'occasion de nos vacances en forme de "rôde tripes", c'est soit par l'autoroute 5 qui traverse des zones agricoles poussiéreuses et sous la fournaise six mois par an, soit par l'autoroute 10 qui traverse l'agglomération de L.A. pendant une heure et demie avant de s'enfoncer dans le désert du Mojave, minéral et sans pitié, tout comme l'autoroute 15 menant à Las Vegas qui manque elle aussi de variété.
Là, pour ce départ vers San Francisco par le chemin des écoliers, nous avons emprunté la très belle route 101, qui serpente entre les collines couleur de menthe ou de miel de la région de Santa Ynez (celle du film "Sideways", pour les amateurs). Ce trajet flirte avec le Pacifique et ses bancs de brume surnommés ici le "May Gray", faisant passer la température de 32°C à Santa Barbara à la moitié 40 km plus au nord. Avis aux futurs vacanciers: la Californie maritime est un pays froid où le soleil est chaud!
Tout va bien, la voiture est bourrée jusqu'au toit de provisions et de matériels divers censés nous aider à survivre dans les régions sauvages du Pacific Northwest.

30 avr. 2009

Attention au départ

Si tout va bien, nous démarrerons dimanche matin de Los Angeles. Les bagages s'empilent et l'impatience gagne!

8 avr. 2009

Wild wild North


En guide d'adieu à l'Ouest, nous filons... plein nord! Début mai, nous allons prendre pour une dernière fois la route à partir de Los Angeles. Direction, Seattle (Etat de Washington). Le point haut de notre voyage va nous emmener à quelques kilomètres du Canada. Mais auparavant, nous devrions remonter toute la côte Pacifique des Etats-Unis, sur les "Highway 1" et "101", via San Francisco, avant la "côte perdue" de Californie, puis les immenses plages de l'Oregon et leurs dunes propices à la glisse. Nous aborderons ensuite les forêts de la péninsule nord-ouest du Washington, où se trouve l'Olympic National Park.
A partir de Seattle, capitale du "grunge" et des cappucinos Starbucks, nous effectuerons notre redescente vers la Californie, mais cette fois via la chaîne volcanique des Cascades: Mont Rainier, Mont Saint Helens (celui qui avait explosé en 1980) et parc national de Crater Lake, à nouveau dans l'Oregon. Il sera alors temps d'explorer le nord de ce qui fut notre Etat d'adoption pendant plus de quatre ans: Mont Shasta, Mont Lassen et Lac Tahoe, des endroits qui devraient être riches en rencontres avec des "nounours" et autres bestioles poilues. Une petite escale dans les vallées de Napa et Sonoma (hips!) et un dernier au revoir à la sauvagerie dans le parc du Yosemite, et nous devrions pouvoir revenir, yeux ébouriffés et chaussures crottées, vers notre camp de base. Durée du voyage: environ quatre semaines, pour plus de 5 000 km de trajet. La grosse interrogation est celle du temps. Ni l'Oregon, ni le Washington ne sont réputés pour leur sécheresse; il tombe même 15 mètres de neige par an sur le Crater Lake en moyenne et il va sans doute falloir prévoir et des après-skis et des imperméables pour rendre ce voyage étanche. Un clic sur la carte de droite permet d'en savoir plus sur le programme.

12 oct. 2008

Et surtout, gardons le moral

Voilà, c'est Phoenix


(Prononcez "finix"). Tous les voyages ont une fin et celui-ci s'est achevé samedi, quand nous sommes rentrés au bercail à Los Angeles, après 2 400 miles (4 200 km) de route en 14 jours. Nous avons erré vendredi soir dans les longues banlieues de Phoenix pour trouver un restaurant potable, finalement localisé près du centre de la capitale de l'Arizona, un scandale d'urbanisme: construite en plein désert du Sonora, la ville est une fournaise six mois par an et l'habitant moyen consomme 1 000litres d'eau par jour. Apparemment, une bonne partie passe en arrosage de pelouses. Autrement, la ville semble pleine de vide; même les gratte-ciel du "downtown" sont séparés par d'immenses parkings déserts.

Ce soir, on vous met le feu


Visite rapide de Phoenix, la capitale de l'Arizona, vendredi, après une matinée de randonnée pédestre dans les collines de Sedona battues par le vent thermique de l'été finissant. Dans la famille, nous avons un grand amateur de voitures de pompiers, d'ambulances et de police (en général, tout ce qui fait du bruit), et nous lui avons fait plaisir en visitant le "Hall of Flame", un musée consacré aux soldats du feu. Cet endroit présente une bonne soixantaine de véhicules de pompiers, dont certains datent du début du XVIIIe siècle! Superbement restaurés, brillant de tous leurs chromes, très bien présentés, les "fire trucks" ont occupé une bonne heure de notre emploi du temps serré. A la fin de l'exposition, des casques de pompiers du monde entier, parmi lesquels un venu de Clohars-Carnoët en Bretagne, et un autre de l'Afrique occidentale française, garni de motifs léopard!

10 oct. 2008

Au pays de Cindy


Voici Sedona, la villégiature appréciée des riches Phoenixiens fuyant en été la fournaise de leur agglomération construite au milieu d'un désert impitoyable. C'est ici que Cindy McCain, l'épouse millionnaire du candidat-sénateur de l'Arizona, attend dans l'une de ses maisons que son mari revienne soit du Congrès, soit de faire campagne dans les 49 autres Etats. La ville, très proprette et lotie de bâtisses opulentes dans ses alentours, fait un peu penser à un Beverly Hills campagnard, montagneux et un peu plus rouge de terre. La ville se trouve en pleins travaux de voirie, mais nous avons pu apprécier, en un peu moins bohème qu'à Taos toutefois, son côté repaire d'artistes; non loin du centre, un promoteur a reproduit à l'identique dans les années 1970 un vieux quartier de Guadalaraja (Mexique), qui bien qu'aussi faux que nos complexes commerciaux à ciel ouvert de Californie, dégage un certain charme avec son architecture hispanique. Un instant, on se serait cru dans le centre d'Aranjuez!

Cratère pas minus

Tous ceux qui écoutent les discours des candidats à la Maison Blanche le savent, les Etats-Unis sont the greatest country in the world. Question d'appréciation, mais les chiffres, Monsieur, ne mentent pas: voici en vidéo un aperçu panoramique de ce qui est le premier cratère de météorite jamais recensé à la surface du globe, et qui se trouve dans l'Arizona. De quelque 180 mètres de profondeur et d'1,2 km de diamètre, ce phénomène a été créé il y a 50 000 ans par la chute d'un météore fonçant à 20 km/seconde. Cela a bien dû secouer. Heureusement, à l'époque, le territoire américain n'avait pas encore été peuplé, puisque les ancêtres des Indiens d'Amérique ont commencé à peupler ces terres il y a environ 14 millénaires. D'un naturel curieux voire badaud, nous n'avons pas résisté à l'appel de cette curiosité qui a le bon goût d'être située à six kilomètres de l'autoroute.

Encore une plaque


Bien que venu du Wisconsin, c'est à dire de très loin, le propriétaire de cette Corvette a-t-il voulu rendre hommage au rôle majeur joué par le Nouveau-Mexique dans le développement du nucléaire? C'est en effet dans cet Etat que la première bombe A a explosé en 1945. Et le centre de recherches de Los Alamos n'est pas très loin non plus de Santa Fe. Rassurez-vous, après notre passage dans ces contrées, nous n'irradions que de bonheur.

8 oct. 2008

Une ville où l'on marche


Santa Fe comme Taos ont été construites avant l'avènement de l'automobile reine, et cela se sent: les ruelles sont étroites, les plans d'urbanisme ne sont pas totalement en damier, et on y marche avec joie entre deux sites intéressants. Prenons cela comme un bol d'air avant ce qui nous attend mercredi: 600 km d'autoroute vers Flagstaff en Arizona, la plus grosse étape du voyage, en longeant l'historique Route 66 que nous ne désespérons pas d'explorer un petit peu.

Du haut de cette misérable masure...


...quatre siècles vous contemplent. Et tenez-vous bien, cette cahute à Santa Fe n'est rien moins que la plus ancienne maison encore debout aux Etats-Unis. Elle a été érigée par les Espagnols en 1610, alors que notre roi Henri IV terminait son règne et que les colons anglais n'avaient fondé Jamestown, à l'autre bout du pays, que depuis trois ans. En plein ethnocentrisme, les historiens américains ont sans doute négligé les demeures indiennes en dur de Mesa Verde, datant des Croisades et que nous avons visitées il y a deux jours. Mais il est vrai qu'elles ne sont pas intactes.

Taos, version piquante


Partout à Taos, dont nous avons visité le centre mardi matin, sèchent des bottes de piment rouge sur les poutrelles dépassant des murs, selon l'architecture locale. L'architecte des bâtiments publics et privés doit avoir du travail pour préserver l'unité de cette ville enchanteresse, mais tout le monde semble se mettre au diapason, des banques au McDonald's, lui aussi couleur de terre. Profitant de ruelles peu fréquentées, d'une place centrale à l'espagnole très calme et de voies piétonnières (mais oui), nous avons déambulé au hasard dans ce qui reste un tout petit village, malgré les magasins d'artisanat, de souvenirs ou les galeries d'art en enfilade. Des dizaines d'artistes, attirés par la lumière particulière de Taos, s'y sont installés à demeure. Nous avons trouvé une petite crèche de Noël en terre cuite qui prouve que le petit Jésus était un papoose. Taos, vraiment un endroit à recommander aux futurs visiteurs. Sans doute encore rêveur après ce spectacle sans commune mesure avec les autoroutes de Los Angeles, le conducteur du catcat a démarré avec un peu trop d'enthousiasme vers Santa Fe, imprimant la marque de son pare-chocs arrière sur l'avant d'une petite Chevrolet qui ne lui avait rien demandé. Pourvu qu'il ne faille pas engager d'avocat...

7 oct. 2008

L'automne glisse vers les vallées


... et est déjà bien installé à 2.600 m d'altitude. Nous ne savons pas exactement quel type d'arbre prend de telles couleurs avant de perdre ses feuilles, mais nous apprécions le spectacle à chaque tournant de la route dans le nord encore montagneux du Nouveau-Mexique, sur la route de Taos.

Un lac et ça repart


Petite pause lundi midi dans le sud du Colorado, où le temps s'était remis au beau. Nous aimons bien l'ouest des Etats-Unis pour l'omniprésence de "state parks", "recreation areas" et autres sanctuaires publics, où l'on peut manger son sandwich en contemplant la nature. Grandiose, évidemment.

Le fleuve d'Eddy Mitchell


Rio, Rio Grande, dès la frontière passée... Symbole de notre avancée vers l'Est, nous avons traversé lundi soir les profondes (500 m) gorges du Rio Grande, fleuve qui prend sa source non au mont Gerbier de Jonc, mais dans les Rocheuses du Colorado, pour descendre plein sud jusqu'à la frontière mexicaine, avant de la longer jusqu'au golfe en léchant les rives du Texas. Si dans le nord du Nouveau-Mexique, le cours d'eau possède un débit très impétueux, il est tellement pompé par les agriculteurs en aval que certains étés, il n'atteint même plus la mer. Les clandestins venus d'Amérique centrale et latine n'ont même plus besoin de se mouiller le dos comme leurs prédécesseurs ("wetbacks", mot très péjoratif) pour rejoindre le pays de rêve de l'Oncle Sam, où cliquètent les dollars d'argent. A moins qu'il ne s'agisse de la cavalcade des courtiers de Wall Street.

Vieux Taos


Nous sommes au Nouveau-Mexique, le point le plus oriental dans la boucle que nous effectuons. Lundi soir, nous avons visité le Pueblo de Taos, un village d'Indiens et attraction touristique locale, qui n'a ni eau courante, ni courant continu. C'est un endroit hors du temps: les habitations les plus anciennes ont 1 000 ans. Pour les Yankees, c'est de la préhistoire!
Pour le reste, Taos bien que touristique reste adorable, avec sa grande coherence architecturale: maisons basses en adobe, galeries d'art et vendeurs de piments secs. On l'explorera plus en profondeur mardi. Au fait, en huit jours, nous avons parcouru 2.500 km...

5 oct. 2008

Private joke


On ne va pas s'étendre en insanités, mais sachez que nombre d'Etats américains interdisent ce genre de plaque. "WTF", en langage djeunz yankee sur les foroumes internet, est l'acronyme anglais de "qu'est-ce que c'est que ce désordre", avec une forte valeur péjorative. Pas étonnant que ce soit un habitant du Texas, contrée connue pour la rudesse de son climat et de ses indigènes, qui l'arbore... mais peut-être à son insu!

Le repaire des petits Indiens


Ce dimanche, c'était la grande journée ethnologico-archéologique dans le parc national de Mesa Verde, où les Indiens appelés Anasazis, ascendants des tribus Pueblo locales, ont vécu 700 ans jusqu'à la fin du XIIIe siècle. Emerveillement général lorsqu'au creux d'une caverne à flanc de falaise, se dévoilent des ouvrages de maçonnerie à la rigueur remarquable, montrant que les "sauvages" massacrés par les Conquistadores possédaient une technique plus qu'évoluée. Mais c'est bien avant l'arrivée de Colomb et de Cortez que ces mystérieux Indiens, dont peu de traces autres qu'architecturales subsistent, ont quitté leurs étonnantes habitations. Selon la "Ranger" qui nous a guidés dans le lotissement de "Cliff Palace" (le palais de la falaise), les indigènes auraient quitté en l'espace d'une ou deux générations leurs demeures quasi troglodytiques. L'endroit, que nous avons visité entre deux grosses dépressions venues des Rocheuses, possède en tout cas un charme étrange.

4 oct. 2008

Avis de grand frais

Nous sommes arrivés au Colorado ce samedi soir, à Cortez dans le sud-ouest de l'Etat pour être précis. "Main Street America" dans toute sa splendeur: enchaînement de Dennys, Wal-Mart, McDonald's et Sonic. Heureusement, il semble exister un centre-ville historique avec des immeubles datant de la fin du XIXe siècle. Tourisme réduit aujourd'hui: notre sortie de l'Utah s'est effectuée sous des trombes d'eau, la première tempête de l'automne à en juger par la ruralité jaunie que nous avons traversée. Non que la journée ait manqué de piquant: nous avons retrouvé une vis dans le pneu avant de McLeod, héritage des routes de l'Ouest. Un passage chez "Bigfoot Tires" plus loin et nous voilà repartis d'un bon pied caoutchouté. Le principal charme de Cortez réside en sa proximité avec le parc national de Mesa Verde, un endroit qui a inspiré les auteurs de Blueberry avec ses villages d'indiens Anasazis installés dans des grottes à flanc de falaise. On s'y rend demain, à condition que le temps se calme un peu.

Hiking in the rain


Grosse pluie ce samedi matin au moment de quitter Moab, sanctuaire des quatre-quatreux aux machines délirantes, après trois jours au Sleep Inn local et sa chambre quelque peu confinée; nous avons repris la route du parc d'Arches pour dire "babaille" aux formations envoûtantes. Voici donc en épilogue la double arche dans le secteur des "Windows", l'endroit où l'on peut observer le plus de ponts naturels. A défaut d'y déambuler comme la veille et l'avant-veille dans le reste de la région, qui pour des "hikers" (marcheurs) un peu moins encombrés que nous par la marmaille, doit se révéler idéal.

Ma voiture en a


D'abord, mille excuses à nos lecteurs, qui savent à quel point nous souhaitons livrer des écrits à portée sinon éducative, du moins de bon goût. Mais là, nous sommes tombés sur LE vrai gros beauf de l'Utah. D'abord, il roulait en Ford Mustang verte métallisé, avec aux fesses un aileron géant... mais pas que ça. Le jeune Jacky avait attaché près de son pot d'échappement et en position centrale, une paire de ce qu'il faut bien se résoudre à appeler testicules. Chromées. Vraiment effarés par cette vision de Duo habet et bene pendentes, nous n'avons pas dégainé notre appareil photo sur le coup. Mais toujours mus par la recherche de la vérité, nous avons retrouvé, et sans désir de choquer, la source de cet objet. Pour 40 dollars hors taxes et hors frais de gros porc, les "bull balls" (boules de taureau) peuvent être vôtres. Existe aussi en couleur rose.

Une arche dans les canyons (et vice-versa)


Voilà que cela se complique; on trouve des arches dans le parc de Canyonlands, tandis que des canyons existent dans le parc d'Arches! Voici un exemple de la première occurrence, vu vendredi. Et signe que la nature a encore pas mal de droits dans le coin, aucune barrière n'a été mise en place pour retenir le touriste imprudent, et un Américain que nous avons croisé a même trouvé étonnant qu'aucun panneau n'interdise de faire de la grimpette sur l'arc de pierre. Relâchement de la "diziplineu" ou manque de budget du service des parcs nationaux, réduit à faire la manche depuis que George W. Bush lui a coupé les crédits en se disant que des équipements qui attirent seulement 280 millions de visiteurs par an ne valent pas le coup d'être financés? C'était le couplet râleur du Français en vacances.

Oh. My. God.


Les mots nous manquent souvent face aux splendeurs que nous a réservées l'Utah depuis que nous y avons pris pied il y a cinq jours, mais la région de Moab, avec les parcs d'Arches et de Canyonlands, vaut le voyage à elle toute seule. A en juger par la diversité des plaques d'immatriculation des voitures que nous avons croisées (un camping car immatriculé en Allemagne et un 4x4 suisse!), nous ne sommes pas les seuls à avoir trouvé du charme à l'endroit. Canyonlands, visité vendredi sous un ciel menaçant, nous a envoûté; le nord du sanctuaire naturel consiste en une immense "Mesa", baptisée "Island in the sky", et qui n'est accessible que par un isthme naturel. Du haut de ses falaises, la vue sur les alentours se révèle éblouissante. Regardez plutôt.

Equilibrisme


Jeudi, le parc d'Arches a pris des allures de périphérique à l'heure de pointe; en cause, la réfection des routes du parc par des cantonniers de bonne volonté. Du coup, nous avons dû attendre la fin de la journée pour admirer le "balanced rock", une roche de plusieurs centaines de tonnes posée en équilibre précaire sur un piton de grès rouge d'Entrada, la roche locale. Les pronostics sont ouverts pour savoir dans combien de temps, et sur qui, le caillou tombera de son piédestal.

3 oct. 2008

Les aventuriers sous l'arche perdue


"Landscape arch": c'est la plus grande au monde (93 mètres de long). Jusqu'en 1991, on pouvait s'en approcher de plus près et même monter dessus, mais cette année-là, un gros morceau en est tombé, flanquant la frousse à tout le monde. Un principe de précaution plus tard, l'endroit est désormais visible de loin.

Le complexe du western


On entend la musique d'Ennio Morricone tandis que la horde d'indiens débouche au fond du canyon, prête à scalper toute la colonne de chariots. Non? Aujourd'hui jeudi, nous nous sommes baladés dans le parc national d'Arches, un autre spectacle géologique incroyable. De petits sentiers traversent ces champs barrés de falaises titanesques, en haut desquelles l'érosion a parfois laissé une roche en équilibre.

Daim coquin


"Ne nourrissez pas les animaux", préviennent les panneaux au coeur de l'oasis de Capitol Reef. Mais ce sympathique "Mule deer", daim aux grandes oreilles dans le vocable vulgaire, avait sans doute rencontré des touristes généreux dans le passé, car il s'est approché de l'objectif avec celui de grappiller quelques crackers. Raté. On ne va pas risquer la prison fédérale et 5 000 dollars d'amende pour ses beaux yeux.

Histoire d'ocre


Depuis notre entrée en Utah, la terre a changé de couleur; la roche locale est le grès rouge. Les falaises s'embrasent au moindre crépuscule. C'est particulièrement vrai dans l'éblouissant parc national de Capitol Reef, une grande révélation de cette première partie du voyage. Ses canyons recèlent des oasis de haute montagne, où les ruisseaux courent au milieu de vergers dans lesquels les "rangers" ont organisé une cueillette forfaitaire: un panier de pommes pour tant de dollars. C'est vos qui prélevez les fruits sur les arbres: "U-pick". Cela économise des saisonniers latino-américains et rend les touristes heureux.

Drôle d'altitude


Quel pays. On voit sur la carte "Miflin" de jolies ondulations routières, et sur le terrain, on se retrouve à 3 000 mètres d'altitude sans même s'en être rendu compte, d'autant plus que ce début de voyage s'effectue sous un temps vigoureusement beau et chaud. Mais l'automne guette, comme en témoignent des bosquets enflammés à perte de vue par leurs feuilles désormais caduques mais pas encore tombées. A l'horizon, on distingue les falaises rouges du parc national de Capitol Reef. C'était notre journée de mardi sur la Highway 12, qui est très très "scenic".

Tirons une piste


A deux reprises, a l'automne 2006 et au printemps dernier, nous avions dû renoncer, en raison de conditions climatiques humides, à parcourir la piste de "Cottonwood Canyon", qui relie Kanab, dans le sud-ouest de l'Utah, à Cannonville, sur 70 km. La malédiction est brisée: McLeod et ses quatre occupants ont franchi oueds asséchés, côtes caillouteuses, déclivités vertigineuses et lignes droites lardées de saignées piégeuses (photo). Et même si les pistes américaines, entretenues avec soin par une armée de bulldozers, ne se mesurent pas en difficultés avec celles du Tafilalet ou du Moyen-Atlas, pour une entrée en matière de notre voyage dans les zones sauvages de l'Utah, c'était plutôt pas mal.

1 oct. 2008

Rencontrez McLeod


Pour ceux qui l'ignoraient, Robert le catcat a déclaré forfait pour ce quatrième "rode tripe" et il a trouvé un remplaçant en McLeod le catcat gris, loué à moindre frais et à Hollywood. McLeod, c'est Robert en un peu plus petit, mais en beaucoup mieux: il semble bien marcher, consomme moitié moins d'essence et fait beaucoup moins de bruit: bref, l'essayer c'est l'adopter.
Parlons technique, nous savons que ça vous intéresse: McLeod a quatre roues motrices, un V6 de 3,5 litres et de 270 chevaux... et au moins huit porte-gobelets. Et pourquoi McLeod, demanderez-vous? Parce que son nom d'état-civil est Toyota Highlander. Comme le film.

Spéciale dédicace aux rappeurs de la côte Est

Une destination familiale


Le "Strip". Sans autre commentaire.

Pharaonique


Pour ce (peut-être) dernier séjour à "Vigasse", nous avons retrouvé l'hôtel Luxor, en forme de pyramide et à échelle égale à celle de Khéops, orné d'un Sphinx grandeur nature mais qui n'aurait pas été défiguré par Obélix. Heureusement, contrairement à l'original, le modèle américain de pyramide possède l'eau courante et la climatisation, et la plupart de ses occupants sont vivants.