19 mai 2009

L'appel du fleuve


Un des buts de notre grand voyage: voir enfin les gorges de la "Columbia River", le grand fleuve du nord-ouest des Etats-Unis, alimenté notamment par la fameuse "Snake River". Un peu larges pour des gorges selon l'acception française (Verdon, Ardèche)mais très esthétiques.

Boum!


A une vingtaine de kilomètres du "visitors center" du Mont Saint Helens, un panneau prévient que nous entrons dans la "zone du souffle". Vingt-neuf ans, jour pour jour, après l'explosion dévastatrice et meurtrière de ce volcan de la chaîne des Cascades dans le sud de l'Etat de Washington, notre petite expédition est allée à la rencontre de ce géant désormais endormi. D'un sommeil certes léger; après l'événement de 1980 qui a spectaculairement changé le paysage de ce coin d'Amérique par ailleurs superbe, le Saint Helens a recommencé à bouillir comme la cocotte-minute colossale qu'il est, et sa prochaine explosion n'est peut-être qu'une question d'années, à coup sûr de siècles. En attendant, quel spectacle. Près de trois décennies plus tard, la coulée de boue et de roches ayant dévalé les pentes du volcan, qui a perdu 400 mètres de hauteur dans la bataille, est toujours bien visible, et certaines montagnes alentour, scalpées, n'ont pas encore retrouvé leur végétation normale, dont on fait les arbres de Noël.

18 mai 2009

En majesté





Visble par beau temps de Seattle à plus de 100 km de là, le Mont Rainier a constitué l'un des temps forts de notre voyage. Chance extraordinaire en cette saison aux dires des locaux, nous l'avons abordé par des températures presques caniculaires: 27°C en plaine et encore 16°C à 1 500 m d'altitude, au pied du "visitors center". Mais cet endroit du volcan de 4 300 mètres a reçu cet hiver un peu plus que sa ration moyenne de précipitations, déjà colossale: 17 mètres de neige! Autant dire qu'il y avait de l'activité dans les lits des torrents et les trajectoires des cascades. Etant donné l'enneigement massif, certains endroits du parc n'ouvrent au public que fin juin. Mais ce qui est déjà visible vaut largement le détour. Et les environs, la chaîne des Cascades, n'est pas mal non plus.

17 mai 2009

Le trou


Perdez-vous sur une départementale du fin fond, au hasard, de la France. Tombez sur un village perdu. Il y a de bonnes chances pour qu'apparaisse au détour d'un chemin une fabrique de fromages fins, un éleveur de lamas ou même une abbatiale du XIIe siècle. Une curiosité historique, un fait remarquable, le lieu du martyre de Sainte-Perpétue, une permanence de sénateur démocrate-chrétien, bref QUELQUE CHOSE.
Pas ici. Ici, Morton à 140 km au sud de Seattle, 1 045 habitants par temps clair. Sa station service, son supermarché, ses trois restaurants fermés et sa gargote mexicaine ouverte. Heureusement les environs sont plus sympathiques: le mont Rainier au nord-est et le mont Saint-Helens au sud-ouest. Ce sera pour demain.

16 mai 2009

Quittons la ville (mais restons urbains)




Si pour ce cinquième voyage hors de nos bases californiennes nous avons privilégié les petites routes et les chemins de traverse, nous n'avons rien contre un peu d'immersion urbaine, et Seattle s'est révélée une escale très agréable, à taille humaine un peu comme San Diego ou San Francisco: les trottoirs non seulement existent, mais sont larges, les vitrines se laissent lécher et les transports en commun (dont un monorail très "futur des années 1950") semblent efficaces. Bref, nous sommes séduits par "Starbucksland", d'autant plus que ses habitants se sont montrés décontractés et affables, apparemment pas affectés par l'environnement très caféiné qui est le leur! Nous avons en outre eu la chance de ne pas tomber sur un des épisodes pluvieux qui font la célébrité de l'endroit. Ce week-end, nous replongeons dans la sauvagerie, à l'assaut de deux célèbres montagnes de l'Etat de Washington: le mont Rainier et le mont Saint-Helens.

S'instruire en rockant


Seattle étant l'une des rares villes américaines à posséder un musée du rock (avec notre Los Angeles et Cleveland dans l'Ohio), nous n'allions pas laisser passer l'occasion de nous cultiver. Une partie de notre vendredi après-midi a donc été consacré à étudier les distorsions de la pédale de guitare "wah-wah" de Jimi Hendrix, enfant du pays, jauger des costumes de scène de Johnny Cash et admirer une impressionnante rétrospective de la guitare électrique à travers les âges, de Bo Diddley à Kurt Cobain en passant par Eric Clapton et Eddie Van Halen.
Dans le hall, cette incroyable sculpture de 700 instruments de musique vaut le détour.

Ruée vers leurre



Un immeuble du centre historique de Seattle, ex-"Cadillac Hotel", a été récupéré par le service des parcs nationaux pour expliquer, d'ailleurs très bien, l'aventure des prospecteurs d'or partis de la ville pour Dawson, dans l'extrême nord-est canadien, épicentre d'une ruée vers l'or historique en 1897. On apprend ainsi que les autorités requéraient des voyageurs qu'ils emportent pour un an de réserves de nourriture (ce sont les épiciers de Seattle qui ont été contents), que l'or est deux fois plus dense que le plomb et que surtout, malgré la rumeur de montagnes ruisselant d'or qui fit tout quitter à des dizaines de milliers d'Américains, mais aussi d'Européens, la probabilité de revenir millionnaire du Klondike était de moins de 0,5%. Soit bien moins élevée que celle de mourir congelé par les températures hivernales de -40°C, dévoré par un grizzly ou abattu par un rival à la gâchette facile.

Jugement par le feu



Quelques années avant San Francisco en 1906, il est arrivé à Seattle la même mésaventure; elle a presque entièrement brûlé. Du coup, les bâtiments les plus récents datent de la toute fin du XIXe siècle. Ils reflètent la prospérité de l'époque, quand la "New York de l'ouest" était devenue la plaque tournante du négoce de l'or du Klondike (voir plus haut). Ici, le "Pioneer building", inspiré de l'école architecturale de Chicago et dont la structure est en fer.

Oh, c'est haut!

J'ai vu New York, New York USA, j'ai jamais rien vu d'aussi haut, si haut, mais Seattle n'est pas mal non plus. Du haut des 300 mètres de la "Space needle", et par temps clair (chance, c'était le cas), la vue alentour est fort sympathique. Et l'ascension se révèle deux fois moins chère que celle de l'Empire state building...

15 mai 2009

Au pied de l'aiguille de l'espace


SEATTLE, Washington.
Et voilà, on l'a fait! Arrivée tardive ce jeudi soir à Seattle, la plus grande ville de l'Etat de Washington, sise sur des collines entre un lac et le "Puget Sound", bras de mer glaciaire profondément fiché dans cette fertile (et spongieuse) région américaine. Notre hôtel est à quelques blocs de la "Space needle" (l'aiguille de l'espace), le monument emblématique de la ville. Nous partirons demain à la découverte de la cité, imperméable à portée de main.

Une cavale au Canada?



Passage ce jeudi midi à Port Angeles, la ville la plus au nord de notre voyage. De là, on peut prendre le ferry-boat vers Victoria, sur l'île de Vancouver au Canada, d'ailleurs visible par temps clair de l'autre côté du détroit Juan de Fuca. En grimpant dans la station de sports d'hiver locale, "Hurricane Ridge" à 1 700 mètres d'altitude, les côtes canadiennes nous sont apparues entre deux nuages. Le temps nous manquait pour poursuivre plus au nord, mais un jour, oui, un jour...

Lac clément


En route jeudi matin vers Seattle, nous sommes passés au bord du lac Crescent, alors que le temps avait le bon goût de se mettre au beau.

Sous les troncs, la plage


Nous vous déconseillons la baignade dans la mer longeant l'Etat de Washington (sauf si vous vous sentez une vocation de mannequin chez les surgelés Picard) mais les plages y sont d'une étrange beauté, grâce aux milliers de troncs d'arbres blanchis qui les jonchent. Comme 95% de la forêt de la région sont protégés, les arbres tombent naturellement et sont emportés par les flots des dizaines de rivières vers la mer, où les tempêtes d'hiver les renvoient sur les côtes.

Ne te retourne pas, il y a un cerf qui nous suit


Emotions fortes ce mercredi dans la "rainforest" du parc national Olympic lorsque nous sommes tombés nez à andouillers avec un jeune cerf au détour d'un sentier boueux. Pour ajouter un peu de piquant à la situation, nous venions de lire un avis à la station de rangers du parc, annonçant que plusieurs visiteurs s'étaient tout récemment fait charger par un de ces animaux. Nous avons donc attendu qu'il aille brouter ailleurs, avant de passer à quelques mètres de ses cuissots pour poursuivre notre randonnée. Mais c'est alors que le bougre s'est mis à suivre notre groupe d'une dizaine de personnes! Son manège a bien duré cent mètres. Les conseils des responsables du parc sont formels: ne courez surtout pas. Ce n'est pas l'envie qui nous manquait. Enfin, ce n'était pas non plus un ours...

L'empire du vampire

Aparté qui n'a rien à voir. N'étant ni adolescentes en fleur ni parents de tels phénomènes, nous ignorions à peu près tout de "Twilight", la série de romans américains racontant les amours malheureuses d'une mortelle et d'un vampire. Adaptée à l'écran fin 2008, cette série, tout de même écoulée à plus de 40 millions d'exemplaires, a la particularité de se dérouler à Forks. Du coup, l'endroit connaît un petit "boom" touristique: des magasins consacrent leurs vitrines aux photos de l'héroïne et de son amoureux aux dents pointues, joué au cinéma par le bellâtre britannique Robert Pattinson. Une entreprise a même lancé des circuits en bus sur les lieux de l'action fictive. A jamais redevable à la romancière Stephenie Meyers, la ville de Forks, dont le principal titre de gloire était auparavant d'accueillir le musée de la bûche et du bûcheron, a décrété le 13 septembre "Stephenie Meyers Day", défilé d'habitants grimés à la clé.

Humide!




FORKS, Washington.
Déjà, la raison sociale de l'Etat de Washington aurait dû nous rendre méfiants: "l'Etat toujours vert". Sur sa façade Pacifique, il y pleut 300 jours par an. Pas de chance, c'est tombé sur nous!
Blague à part, seul mercredi a vraiment été pénible, nous forçant à nous terrer tout l'après-midi dans notre hôtel de Forks, la métropole locale (3 000 habitants, quand même).
En matinée, entre deux ondées (et même pendant), nous avons marché dans la "rainforest", ou encore "forêt tempérée humide" du parc national Olympic. Et humide, l'endroit l'est tellement que de la mousse pousse sur les routes et les téléphones publics (voyez plutôt), sans parler des arbres qui paraissent poilus-verts. Du côté ouest du parc, on arrive quand même à plus de quatre mètres de précipitations annuelles, ce qui en fait l'un des endroits les plus arrosés au monde.

La rivière avec retour




Le passage entre l'Oregon et Washington s'effectue via la rivière Columbia, un sacré morceau franchi à grand peine par un colossal ouvrage d'art, mi-"cantilever", pont levant en entrelacs de métal façon tour Eiffel, mi-"causeway", chaussée posée quelques mètres au dessus de l'eau glacée, en arrivage direct des Rocheuses orientales. Avant de remonter vers le Nord, nous nous sommes brièvement arrêtés à Astoria, le premier établissement blanc américain sur la côte nord-pacifique. Des riches heures de ce comptoir subsistent des dizaines de maisons en bois de style victorien, et une colonne quasi trajane plantée sur une colline commandant une vue somputueuse sur des alentours non moins ébouriffants.
Ce n'est qu'un au revoir à l'Oregon, nous y revenons la semaine prochaine.

Mission exploratoire


Juste avant de passer dans l'Etat de Washington, arrêt ce mardi au parc national historique consacré à Lewis et Clark, ces intrépides explorateurs qui entre 1804 et 1806, remontèrent le Missouri, franchirent les Rocheuses et triomphèrent d'un climat hostile pour atteindre le Pacifique, ce qui permit aux jeunes Etats-Unis, tout juste agrandis de l'achat de la Louisiane aux Français, d'envisager leur expansion à l'échelle d'un continent.
En deux ans et demi, Lewis et Clark parcoururent environ 6 500 km et acquirent l'immortalité. Nous avons visité la reconstitution (réalisée en 1955) de Fort Clatsop, le sommaire abri que ces glorieux ancêtres érigèrent dans le nord-ouest de l'Oregon pour y passer trois mois pendant l'hiver 1805-1806.

Instantanés oregonais


Nous avons quitté l'Oregon mardi pour l'Etat de Washington, le plus septentrional des territoires que nous traversons lors de notre grand voyage. Saviez-vous que le nom "Oregon" est une déformation du nom "Ouragan" en français? D'ouragan nous n'avons pas pâti, mais de pluie, si, surtout à la fin.
Parmi les deux curiosités qui nous ont frappés; il est illégal, vous lisez bien, illégal de faire soi-même le plein en Oregon. A chaque arrêt chez Shell, Chevron ou autre représentant de l'hydre aux carbures, un préposé plein d'allant se précipite sur vous et votre véhicule pour saluer le premier et étancher la soif du second. On se croirait en France dans les années 1950!
Autre particularité locale, mais qui s'étend également à l'Etat de Washington, ces petites cabanes installées de loin en loin sur le bord des routes et qui servent à toute heure des expressos, des lattes et même des cappuccinos. Est-ce à cause de la froidure matinale, de l'esprit d'entreprise local (le siège de Starbucks est à Seattle) ou des champs de caféiers qui bordent les routes départementales du coin? (non, on rigole) En tout cas nous avons pris goût à ces arrêts post-prandiaux ou pré-parcnationalistes qui nous mettent du coeur au ventre.

12 mai 2009

Les coucous de Buck Danny




SEASIDE, Oregon.
Quand le temps se met au gris, les touristes compulsent fiévreusement les guides d'attractions locales et dans la région de Tillamook (Oregon), le choix peut se révéler limité. Heureusement, cette petite localité a joué un rôle important lors de la Seconde Guerre mondiale en abritant une base aéro-navale où étaient entreposés des ballons dirigeables destinés à la défense des côtes face à une éventuelle invasion japonaise.
Les dirigeables ont disparu mais leur abri a survécu. Et il s'agit rien moins que du plus gros hangar en bois du monde: plus de 300 mètres de long, 59 de haut et 90 de large, soit quelque 24 000 m2 aujourd'hui dévolus à l'exposition de vieux coucous, principalement de la période 1941-1945 comme les P-51 Mustang, hydravion Catalina ou encore DC-3/C-47 pilotés par le héros de bandes dessinées Buck Danny, mais aussi un Messerschmitt 109 du IIIe Reich ou un "zéro" japonais. Nous avons fait "vroooar" et "tactactac" à bord de simulateurs de vol et admiré la dextérité des artistes de l'armée de l'air quand il s'agit de décorer le fuselage de leurs terribles machines.

11 mai 2009

Un Etat sable



LINCOLN CITY, Oregon.
Le voyage vers le Nord se poursuit selon le rythme prévu, et à 2 000 km de Los Angeles, nous faisons escale ce dimanche soir dans la station balnéaire de Lincoln City, au milieu de la côte Pacifique de l'Oregon. L'endroit a comme un goût d'arrière-saison, avec ses restaurants fermés, ses hôtels quasi inoccupés et son maigre trafic sur la route côtière 101.
Aujourd'hui, nous avons effectué un court arrêt à Florence, grande ville de la région, et frontière entre les deux aspects de la côte: des plages à l'infini au sud, des falaises et des rochers au nord. La plupart des plages sont gérées par l'Etat.
Mais comme le pays vénère entre autres la déesse Bagnole, une partie de ces terres "protégées" sont en fait une "National Recreational Area", un terrain de jeux pour quatre-quatreux, motards ou pilotes de quads. Plusieurs zones identiques existent dans les déserts autour de Los Angeles, du reste.
Ce qui ferait en revanche plaisir aux amis de la nature, c'est la propreté relative de ces immensités sablonneuses; on croise beaucoup de souches et de bois flotté en se baladant, mais peu de déchets en plastique, de bouées crevées ou de morceaux de filets de pêche, au contraire de certaines côtes bretonnes. Il est vrai aussi que peu de bateaux cabotent le long des rivages de l'Oregon.
Note aux fidèles lecteurs: bientôt, promis, d'autres photos que maritimes. On comprend que ça lasse!

9 mai 2009

La côte, on en fait tout un plat


... et on a bien raison: depuis trois jours, chaque virage au bord du Pacifique suscite en nous une irrépressible envie de pousser un grand "wow". Les Américains n'ont apparemment pas encore réussi à dompter la totalité du territoire, car on croise finalement peu de monde et les villes sont plutôt minuscules. En revanche, les parcs d'Etat, aires de pique-nique, lieux historiques et belvédères se révèlent innombrables.

Le bac à sable des petits


Port Orford, sur la côte de l'Oregon.
(NB: les petits sont en bas, à gauche)

Trouvons le Nord


COOS BAY, Oregon.
Après 1 600 km de voyage en Californie, nous voici enfin dans l'Oregon, le pays des vagues géantes du Pacifique qui s'écrasent au bord de falaises immenses sur fond de forêts impénétrables où pullulent ursidés, cervidés et félins féroces de tout poil. Savez-vous qu'à cette latitude, nous sommes déjà plus au nord que New York? Si nous étions en Europe, nous aurions franchi la distance entre l'Andalousie et Brest. Autant dire que le climat a un peu changé: 15°C maximum en journée, vent du nord à 50 km/h (pique-nique glacial...)
Heureusement, le beau temps est toujours de la partie, même si les éléments ne devraient pas être aussi favorables dans les jours qui viennent. Au programme, remontée de la côte vers l'estuaire de la rivière Columbia, qui sépare l'Oregon de l'Etat de Washington.

Tsunami fidèle


CRESCENT CITY, Californie.
Riez, riez, mais nous n'en menons pas large ce soir à Crescent City, capitale californienne des tsunamis! Au bord de la route, des panneaux nous indiquent que notre situation n'est pas sûre, tandis que l'histoire locale fourmille de vagues plus ou moins menaçantes. En 1964, un tremblement de terre au large de l'Alaska avait provoqué une hausse brutale du niveau de la mer à la hauteur de cette petite ville, détruisant plus de 200 maisons. Mais rassurez-vous, nous quittons demain la Californie sismique pour l'Oregon sympathique.

Le pays pavé d'or


Lors de la ruée vers l'or californienne, en 1849, la rumeur promettait aux apprentis prospecteurs venus d'Europe et de la côte Est des rues pavées de métal jaune. A la hauteur de l'estuaire de la rivière Klamath, à 500 km au nord de San Francisco, c'était vrai: la falaise en bord de mer était striée de filons d'or et sur la plage se mêlaient grains de sable et paillettes de précieux métal. Evidemment, une exploitation industrielle se mit en place pour soutirer au paysage tout ce qu'il avait à donner, sauf sa beauté qui nous a violemment secoués 160 ans plus tard.

Vous reprendrez bien des cerfs?


C'est plus fort que nous: nous aimons les animaux, peut-être encore plus que les arbres. Dès qu'à un détour de parc national survient le panneau "wildlife viewing", nous obliquons vers le spectacle faunique, qui est presque toujours au rendez-vous. On ne louera jamais assez le sens de l'organisation des Américains qui ont réussi à fixer une harde de cerfs de Roosevelt (espèce endémique) à proximité de l'écomusée, de la boutique de souvenirs et autres commodités.

Séquoias

Depuis trois jours, nous mangeons du séquoia à toutes les sauces. Ce vendredi, nous avons effectué une escale dans un des rares endroits où ces arbres géants ont été préservés d'une exploitation en masse. C'est une ex-"première dame", Mme Johnson, qui en 1969 a "inauguré" le bosquet de colosses alors nouvellement protégé par l'Etat fédéral, administrateur du parc national des Redwoods. Une petite promenade dans les futaies nous a donné le sentiment d'être tout petits et vraiment jeunes!

8 mai 2009

Eurêka, j'ai trouvé un réseau!

EUREKA, Californie.
Après cinq jours de voyage, nous avons atteint Eureka, une des villes côtières du nord de la Californie, son air piquant et son arrière-pays de moyennes montagnes recouvertes de redwoods, autrement dits séquoias à feuilles d'if. Notre hôtel a enfin un wifi qui fonctionne, ce qui nous permet d'épuiser notre trop-plein de photos et de messages en souffrance.
Au fait, Eurêka est la devise officielle de la Californie, référence aux mineurs d'or qui avaient trouvé leur bonheur en ces terres au milieu du XIXe siècle.

Piège à touristes, bis


On le voit sur tous les guides touristiques, alors nous n'avons pas résisté à l'idée de passer sous le séquoia percé. Pour les amateurs, l'arbre mutilé au début du XXe siècle mais encore bien vivant est situé à Leggett, à environ 1 100 km au nord de Los Angeles.

Route numéro 1


Aux Etats-Unis, les routes et les autoroutes suivent un système de numérotation très logique: les axes nord-sud sont impairs, en démarrant de l'ouest, et les routes ouest-est sont paires, en démarrant du sud. Donc l'autoroute 10 est un axe ouest-est situé dans le sud du pays, tandis que l'autoroute 95 constitue la liaison nord-sud de la côte Est. Lisez ça deux fois et vous comprendrez. Bref, voici la route numéro 1, qui relie la frontière mexicaine à la canadienne, et que nous empruntons lors de notre voyage sur quasiment toute sa longueur, longe le Pacifique. Et elle est positivement renversante.

7 mai 2009

Piège à touristes


Lorsque l'on découvre une région, il faut sacrifier aux classiques des attractions locales, celles dont on se dit plus tard qu'elles étaient peut-être un peu survendues. Mais en même temps, les ignorer ne nous aurait pas laissé grand chose à raconter. Voici donc, sous un chaud soleil retrouvé (ouf!) nos aventures de jeudi: d'abord, dans l'arrière-pays de Fort Bragg, le "Skunk Train" (littéralement: "train putois") qui a pendant des décennies servi de ligne de vie aux exploitants forestiers, ceux qui ont débité les "redwood", ces résineux typiques de la région, pour entre autres reconstruire San Francisco après le tremblement de terre et l'incendie de 1906. Fait étonnant, un siècle plus tard, la forêt a cicatrisé: les arbres atteignent à nouveau des dizaines de mètres de hauteur. Plus de trois heures aller-retour à respirer le diesel et les pignons entre les futaies et les rivières en crue printanière, dans des wagons des années 1920 et donc "very" historiques.

Bouillons dans le brouillard

FORT BRAGG, Californie.
Voici le mois de mai, où les fleurs volent au vent, et où la brume baigne les côtes nord-californiennes comme une sauce béchamel la nouille esseulée au fond du plat.
Bref, l'on n'y voit goutte et la frustration gagne les voyageurs lorsque sur 300 km de route cotière et sinueuse, ils n'entraperçoivent que quelques conifères et une écume grisâtre de loin en loin. Donc peu de photos pour illustrer notre après-midi de mercredi, désolé!
Demain sera un autre jour, promet la météo nationale qui a intérêt a ne pas se tromper. Au fait, nous sommes a Fort Bragg, ville-rue a 15 km de la pittoresque Mendocino, terre de rudes bûcherons et de pêcheurs hardis, de daims timides et de résidences secondaires en pin maritime, avec vue dégagée sur la mer. Quand le brouillard va danser ailleurs.

Voici le paysage le plus grandiose de Californie


Manque de chance, on n'y voyait pas à cinq mètres. Ce sera pour dans une prochaine vie... Nous avons erré pendant deux heures à Point Reyes, promontoire promis comme magnifique sur le Pacifique par les guides touristiques. Par l'article alléchés, nous y allâmes, mais l'eussions nous su que nous ne serions pas venus!

Golden Gate


Mercredi matin, le temps était humide à l'entrée de la baie de San Francisco. Mais on n'avait encore rien vu...

San Francisco, ni soleil (au début)




Pour cette dernière visite à San Francisco avant un bon bout de temps, nous avons tout comprimé en une journée: cable cars, tramways, chocolat chez Ghirardelli, magasins de souvenirs, Chinatown et vieux gréements sur fond d'Alcatraz et de Golden Gate. Mais avant de faire nos touristes de base, nous avons aussi visité le musée de la Légion d'honneur, dans le palais du même nom, fort de collections de peintures flamandes, françaises et italiennes de toute beauté. Le plus impressionnant étant tout de même les statues allégoriques et les bustes de Rodin. Entre le musée Norton Simon de Pasadena, pres de Los Angeles, et celui-là, un sacré nombre d'oeuvres du grand Auguste se sont retrouvées sur la cote Ouest!
A noter que notre journée, qui avait commencé sous la pluie, a fini sous un beau soleil.

6 mai 2009

Le solarium des otaries


A Monterey, les "honk, honk" des otaries attirent les touristes à des centaines de mètres sur le "pier", la jetée touristiquée où l'on tente de fourguer de la barbe à papa et du "clam chowder", soupe épaisse de poisson, au vacancier en short. Nous sommes davantages contemplatifs que participatifs et avons admiré ces mammifères marins en plein effort.

4 mai 2009

Suivez-nous, c'est par là


Aujourd'hui, en route vers San Francisco via Big Sur, Carmel et Monterey. Le début des vraies aventures et des lacets sur la mythique route numéro 1.

What the phoque?

Sans doute motivée par le calme de cette côte protégée de l'appétit des promoteurs, une colonie d'éléphants de mer est venue s'installer sur la plage de Piedras Blancas à cinq kilomètres au nord de Cambria. Ils s'y sont trouvés tellement bien, qu'ils se reproduisent comme des lapins de garenne: 1 700 naissances par an rien que dans cette zone. Si les mâles présentent un aspect caractéristique avec leur tête... d'Elephant Man, les femelles ressemblent davantage à des otaries ou des phoques. Nouveau conseil aux successeurs: on ne dit pas "phoque" en public aux Etats-Unis... Et regardez un peu la surpopulation sur cette vidéo!

La route des vacances


CAMBRIA, Californie.
Première escale de notre dernier grand voyage dans cette petite ville à 350 km au nord de Los Angeles et dont le principal intérêt, outre son corridor d'hôtels et de restaurants, est de constituer l'antichambre du fameux Hearst Castle, demeure extravagante bâtie par le magnat de la presse W.R. Hearst, réputé avoir inspiré Orson Welles pour "Citizen Kane". Mais nous avons déjà vu l'endroit en 2007 et ne faisons que passer.
D'habitude, lorsque nous quittons Los Angeles à l'occasion de nos vacances en forme de "rôde tripes", c'est soit par l'autoroute 5 qui traverse des zones agricoles poussiéreuses et sous la fournaise six mois par an, soit par l'autoroute 10 qui traverse l'agglomération de L.A. pendant une heure et demie avant de s'enfoncer dans le désert du Mojave, minéral et sans pitié, tout comme l'autoroute 15 menant à Las Vegas qui manque elle aussi de variété.
Là, pour ce départ vers San Francisco par le chemin des écoliers, nous avons emprunté la très belle route 101, qui serpente entre les collines couleur de menthe ou de miel de la région de Santa Ynez (celle du film "Sideways", pour les amateurs). Ce trajet flirte avec le Pacifique et ses bancs de brume surnommés ici le "May Gray", faisant passer la température de 32°C à Santa Barbara à la moitié 40 km plus au nord. Avis aux futurs vacanciers: la Californie maritime est un pays froid où le soleil est chaud!
Tout va bien, la voiture est bourrée jusqu'au toit de provisions et de matériels divers censés nous aider à survivre dans les régions sauvages du Pacific Northwest.

30 avr. 2009

Attention au départ

Si tout va bien, nous démarrerons dimanche matin de Los Angeles. Les bagages s'empilent et l'impatience gagne!

8 avr. 2009

Wild wild North


En guide d'adieu à l'Ouest, nous filons... plein nord! Début mai, nous allons prendre pour une dernière fois la route à partir de Los Angeles. Direction, Seattle (Etat de Washington). Le point haut de notre voyage va nous emmener à quelques kilomètres du Canada. Mais auparavant, nous devrions remonter toute la côte Pacifique des Etats-Unis, sur les "Highway 1" et "101", via San Francisco, avant la "côte perdue" de Californie, puis les immenses plages de l'Oregon et leurs dunes propices à la glisse. Nous aborderons ensuite les forêts de la péninsule nord-ouest du Washington, où se trouve l'Olympic National Park.
A partir de Seattle, capitale du "grunge" et des cappucinos Starbucks, nous effectuerons notre redescente vers la Californie, mais cette fois via la chaîne volcanique des Cascades: Mont Rainier, Mont Saint Helens (celui qui avait explosé en 1980) et parc national de Crater Lake, à nouveau dans l'Oregon. Il sera alors temps d'explorer le nord de ce qui fut notre Etat d'adoption pendant plus de quatre ans: Mont Shasta, Mont Lassen et Lac Tahoe, des endroits qui devraient être riches en rencontres avec des "nounours" et autres bestioles poilues. Une petite escale dans les vallées de Napa et Sonoma (hips!) et un dernier au revoir à la sauvagerie dans le parc du Yosemite, et nous devrions pouvoir revenir, yeux ébouriffés et chaussures crottées, vers notre camp de base. Durée du voyage: environ quatre semaines, pour plus de 5 000 km de trajet. La grosse interrogation est celle du temps. Ni l'Oregon, ni le Washington ne sont réputés pour leur sécheresse; il tombe même 15 mètres de neige par an sur le Crater Lake en moyenne et il va sans doute falloir prévoir et des après-skis et des imperméables pour rendre ce voyage étanche. Un clic sur la carte de droite permet d'en savoir plus sur le programme.